Premiers contacts

Premiers contacts
Gui-tou et Tigweg partirent immédiatement pour leur mission nocturne. Après trois heures de marche, ils arrivèrent a proximité du village, équipés de chloroforme et de chiffons, et d'un sabre laser noir chacun.
« On dirait une lueur là-bas, dit Gui-tou. Sans doute du feu...
- Oui, et des mélopées, ou des invocations... Je me demande ce qu'ils font.
- Moi aussi... approchons-nous discrètement. »
Ils avançèrent avec précaution, s'arretèrent en vue des premières huttes et restèrent à couvert dans l'obscurité. Des gardes munis d'armes assez primitives patrouillaient çà et là.

« Bon, trouvons des vêtements, chuchota Tigweg.
- On pourrait questionner un garde, aussi, suggéra Gui-tou.
- Les vêtements d'abord ! »répondit l'officier en second.
Ils rampèrent entre les arbres jusqu'à la première maison, et forcèrent la porte située à l'arrière avec un canif ; à l'intérieur, ils trouvèrent des milliers de boites empilées, remplies d'étranges objets sphériques. Gui-tou en prit un pour l'examiner.
« On dirait des oeufs, commenta-t-il. Probablement la base de leur alimentation...
- En tout cas, pas de vêtements ici... Retournons à... »
Tigweg s'interrompit : il avait entendu les pas d'un garde qui s'approchait. Le garde passa sans rien remarquer devant la porte restée entrouverte ; il etait habillé de cuir vert et brun, avec une cote de mailles et un casque de la même couleur ; il portait à la ceinture une epée à triple tranchant, dont la lame noire semblait taillée dans un matériau minéral.
« Tu as vu son arme ? commenta Gui-tou. Cela confirme les premières observations avec le drone : ils ignorent l'usage du métal.
- Oui, j'ai vu, répondit Tigweg. Dès qu'il sera passé, nous visiterons la maison suivante... Espérons qu'on aura plus de chance... »

Dès que le garde se fut éloigné suffisamment, ils sortirent discrètement du bâtiment et forcèrent la porte arrière de la seconde maison. Celle-ci était sommairement meublée.
« On dirait une habitation, commenta Tigweg à voix basse. Attention, quelqu'un vient ! »
Les deux hommes eurent juste le temps de se dissimuler dans un angle sombre derrière une grande armoire avant qu'une femme n'entrât dans la pièce. Sans les voir, elle se dirigea vers l'armoire, et ouvrit la porte. Elle se trouvait maintenant à quelques mètres d'eux.
De longues minutes s'écoulèrent. Tigweg et Gui-tou s'attendaient à être découverts d'une seconde à l'autre. Soudain, La femme laissa tomber un objet qui roula devant leurs pieds. Elle ferma la porte de l'armoire et, s'approchant avec sa lampe, les vit immédiatement. Visiblement effrayée, elle recula, tout en leur parlant dans un langage inconnu. Gui-tou la rattrappa avant qu'elle ne puisse s'enfuir hors de la maison.
« Attendez, nous ne vous voulons aucun mal... » lui dit Tigweg.
La femme continuait à se débattre. Gui-tou dût l'empêcher de crier.
« Dommage qu'on n'ait pas un traducteur, cette pauvre femme ne comprend rien à ce que je dis... Il va falloir la chloroformer et l'emmener avec nous, sinon elle donnera l'alerte... »
Gui-tou la neutralisa rapidement. Ensuite, les deux hommes entreprirent de fouiller les lieux. Ils trouvèrent rapidement ce qu'il cherchaient dans la grande armoire, qui était restée ouverte, et semblait contenir du linge pour une famille entière : il y avait là plusieurs tenues de soldat semblables à celle qu'ils avaient vu précédemment, ainsi que des vêtements civils. Tigweg et Gui-tou mirent tout ce qu'ils purent dans un sac qu'ils avaient apporté avec eux, puis décidèrent de quitter le village rapidement.
« On ferait mieux de disparaître avant que quelqu'un d'autre nous surprenne, dit Tigweg.
- Et qu'est-ce qu'on fait avec elle ? Vous voulez toujours l'emmener ?
- On n'a pas le choix, elle signalerait immédiatement notre intrusion... J'espère seulement que les autres ne s'apercevront pas trop vite de son absence...
- Ne nous faisons pas trop d'illusions... Vous avez vu le contenu de l'armoire : elle ne vit sûrement pas seule..."
Les deux hommes sortirent de la maison avec leur encombrant chargement. Le voyage du retour fut long et pénible : la femme, qui avait repris connaissance peu de temps après leur départ du village, avait tenté de leur échapper à plusieurs reprises. Ils arrivèrent enfin au vaisseau et y entrèrent, entraînant avec eux la villageoise qui s'était mise à hurler.
Le capitaine, puis les autres membres de l'équipage, arrivèrent un à un. Il était clair que la plupart d'entre eux avaient été réveillés en sursaut.
« Qu'est-ce qui se passe ? demanda Walid. Et qui est cette furie que vous avez ramenée avec vous ?
- Je suis désolé, capitaine, répondit Tigweg. Elle nous a surpris, nous n'avons pas eu le choix... »
Flo sortit son traducteur et lança un algoritme.
« Bien, je pense avoir une traduction convenable de ce qu'elle dit : elle veut sortir tout de suite du ... dragon de fer... je pense qu'elle parle du vaisseau.
- Tu peux essayer de la calmer ? demanda Walid.
- Je vais programmer quelques phrases et les passer sur le synthétiseur vocal. »
Flo appuya sur quelques touches et la voix synthétique de l'appareil commença à égréner des sons incompréhensibles. La femme se tut et sembla se calmer quelque peu.
« Qu'est-ce que ton engin lui a dit ? demanda Simon.
- "Vous n'avez rien à craindre. Nous sommes des explorateurs." »
La villageoise s'approcha de Flo et commença à lui parler. Flo effectua la traduction pour le reste de l'équipage.
« Elle demande pourquoi on l'a enlevée... Je lui réponds que Gui-tou et Tigweg ne connaissent pas son langage et qu'ils ne pouvaient donc pas lui expliquer ce qu'ils faisaient chez elle. Et aussi que nous avons besoin d'un guide pour nous expliquer les coutumes de son peuple.
- Dis-lui aussi qu'elle n'est pas prisonnière et qu'on la reconduira au village demain matin. » ordonna Walid.
Flo continua à converser pendant environ trente minutes avec la villageoise. Enfin, cette dernière sembla totalement rassurée et Flo put faire son rapport :
« Tu as pu en apprendre plus sur le village ? demanda Walid
- Non, capitaine. Elle dit qu'elle est une servante et qu'elle ne détient aucun secret. De plus, une de leurs lois leur interdit de parler de leurs coutumes aux étrangers. J'ai préféré ne pas trop insister, ça a été assez difficile comme ça de la calmer...
- Bon, ça ne fait rien... Le jour va se lever dans environ deux heures, prenons encore un peu de repos avant d'attaquer la mission... »

Le lendemain matin, tout l'équipage, à l'exception de Coll et de Simon qui devaient rester à bord du vaisseau, se prépara pour la mission en revêtant les tenues rapportées la veille par Tigweg et Gui-tou. Dès qu'ils furent prêts, ils sortirent du vaisseau et se mirent en route, accompagnés de la villageoise. Le capitaine avait jugé plus prudent de ne pas emporter d'équipements électroniques, à l'exception de l'implant-émetteur dont Flo avait été équipée la veille. Coll lança le drone pour suivre leur progression quelques minutes après leur départ, afin d'éviter que la villageoise ne l'aperçoive.
Apres une longue marche de trois heures, la téléportation étant déconseillée au milieu d'une forêt, la troupe arriva aux abords du village.
« Comment nous présenterons-nous ? demanda Tigweg. Si, comme je le pense, les villageois se connaissent tous, il faudra inventer une histoire plausible....
- Comme des voyageurs venus d'un village voisin, repondit Walid. Je compte un peu sur notre invitée de cette nuit pour nous y aider, répondit le capitaine. Elle a accepté de nous introduire auprès de leur chef... Nous y sommes. Allons-y. »
Le capitaine, à la tête du groupe, s'avanca vers l'entrée du village, où un garde était posté. Celui-ci les interpella dans un langage inintelligible.
« c'est curieux, pensa Dami, on dirait que ce n'est pas le meme dialecte que celui de la servante. »
« Qu'est-ce qu'on fait ? murmura dydy.
- On fonce ! répondit Padawan sur le meme ton.
- Euh, attendez, dit KPL, ce langage me rappelle quelque chose... il ressemble à un dialecte autrefois utilisé sur l'île... Flo, tu as emporté un traducteur ?
- Non, j'ai seulement un dictionnaire sur papier des anciens langages mathiliens les plus courants... je devrais pouvoir traduire... J'ai trouvé : il nous demande qui nous sommes.
- Réponds-lui que nous venons en amis pour rencontrer leur chef, ordonna le capitaine. »
Pendant que Flo feuilletait son vieux dictionnaire, un lourd silence pesa sur le groupe. Le garde s'impatientait...

La villageoise se décida enfin à intervenir et à parler au garde. Après quelques minutes, l'équipage fut enfin autorisé à circuler librement et se dirigea immédiatement l'édifice central. La porte était ornée de bas-reliefs, et portait ce qui semblait être une inscription. Flo crut reconnaître les hiéroglyphes à demi-effacés d'un langage très ancien et reprit son dictionnaire pour tenter de les traduire :
« Cela ressemble à l'une des variantes les plus anciennes du XeTaL. J'ai pu traduire deux mots de façon assez approximative : celui-ci veut dire 'maison' ou 'bâtiment', et celui-là peut signifier 'sagesse' ou 'connaissance'.
- La maison de la sagesse ! intervint KPL. Je me souviens d'avoir entendu de vieilles légendes s'y rapportant...
- Bien. Entrons ! » décida Walid.
Le capitaine poussa la lourde porte de bois massif et entra, suivi de l'équipage. Le bâtiment comprenait une pièce unique, ornée de sculptures. Au fond de la salle, plusieurs hommes assis en cercle semblaient converser. La villageoise s'approcha de Flo et lui dit quelques mots à voix basse :
« Que dit-elle ? demanda Walid.
- C'est leur chef, avec le conseil des Anciens.
- Bien. Avançons. »
Alors qu'ils s'approchaient, le chef du village se leva et, visiblement contrarié, s'adressa à eux. Flo chercha quelques minutes dans son dictionnaire.
« Il n'a pas l'air content, commenta KPL
- Il semblerait que nous ayons transgressé l'un de leurs interdits en entrant ici, expliqua Flo. Il vient de nous demander pourquoi nous avions osé interrompre le conseil du village... »
A ce moment, la villageoise qui les accompagnait commença à parler au chef. Flo fronça les sourcils et se mit à feuilleter nerveusement son dictionnaire.
« Un problème ? demanda walid
- ça ne ressemble pas à ce qu'elle était censée dire. Je n'ai pu saisir que quelques mots, je cherche leur signification... Apparemment, elle est en train de lui raconter en détail les évènements de cette nuit. »
A mesure que la villageoise progressait dans son récit, le visage du chef semblait s'assombrir. Il fit un signe de la main à l'un des anciens, qui sortit de la salle par une petite porte située au fond du bâtiment et revint rapidement accompagné d'une trentaine de gardes. Les mathiliens se dirigèrent vers la porte principale qui était restée ouverte, mais les villageois armés de bâtons et de fourches s'étaient déjà rassemblés sur la place...

Les amis se regardèrent entre eux et tous attendirent la réaction de leur chef.
« Faut-il riposter ? On va pas les laisser faire n'est ce pas ?! Cria Guitou.
- Ne bougez pas ! N'attaquez personne, c'est normal qu'ils se défendent... On ne sait pas s'ils sont des ennemis, alors ne faites surtout pas de bêtises... Restez calmes ! ordonna le capitaine. Plus la peine de chercher tes mots, Flo, ajouta-t-il, c'est trop tard ! »
L'équipage fut rapidement encerclé par les villageois venus en masse et par les soldats qui s'approchaient d'eux lentement. Les plus jeunes villageois et les femmes regardaient de loin ce spectacle inhabituel.
La villageoise qui était venue avec eux s'approcha et prit la main de Flo. Elle l'éloigna de ses amis et l'emmena près des villageois, et le capitaine remarqua que ces derniers ne semblaient pas vouloir lui faire du mal.
« Vous avez vu ! KPL, Dydy rejoignez vite Flo...
- Mais capitaine..
- Obéissez ! Ne craignez rien, ils ne semblent pas considérer les femmes comme une menace, alors profitez de cette occasion et restez tranquilles ! Vous êtes notre espoir... »
Dydy et KPL s'avancèrent prudemment vers Flo et la rejoignirent sans que les villageois ne fassent quoi que ce soit pour les arrêter.
A ce moment, les soldats qui étaient déjà très proches, se jetèrent sur le reste de l'équipage. Flo voulut s'avancer pour tenter de les aider, mais elle se fut arrêtée par la villageoise. Les trois femmes entendirent un dernier cri de leur capitaine qui ordonnait à ses amis de ne pas résister. Une minute après les gardes emmenèrent plus loin leurs prisonniers dont les mains étaient attachées. Leur chef sortit du bâtiment central, et prononça quelques paroles en levant ses mains vers le ciel. Flo, très inquiète, chercha rapidement une traduction dans son dictionnaire.
« Ils vont les emprisonner... » expliqua-t-elle.
Les villageois lancèrent des sifflements de victoire et sous le regard inquiet des trois équipières, les courageux îliens furent conduits par les soldats dans une hutte à quelques mètres de l'édifice central. La foule les suivait en hurlant mais les soldats finirent par les disperser.
« Il faut aller les chercher ! cria Dydy
- Non, répondit KPL, soyons intelligentes ! Nos amis comptent sur nous pour les délivrer mais pas de cette manière
- Tu as raison, avoua Dydy, mais comment pouvons-nous les aider ?
- Ils ne nous considèrent pas comme dangereuses, ça va nous permettre de réfléchir et préparer un plan ! Je pense que les jours de nos amis ne sont pas en danger, alors surtout pas de panique, essayons de ne pas attirer l'attention sur nous pour l'instant... »
A ce moment, la villageoise prit Flo par le bras et lui fit un geste comme pour lui demander de la suivre.
« Allons y, dit Flo à ses deux amies. On a pas le choix... »
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# Posté le samedi 17 mai 2008 17:09

Modifié le lundi 30 juin 2008 17:07

Une rencontre inattendue...

Une rencontre inattendue...
La villageoise conduisit Flo, Dydy et KPL vers une maison du village, où une vieille femme semblait les attendre sur le pas de la porte. Les trois mathiliennes furent invitées à entrer. La vieille femme prit d'abord KPL par la main et l'entraîna derrière un rideau. Flo et Dydy voulurent intervenir, mais leur guide, qui les avait accompagnées à l'intérieur, leur barra le passage.
KPL ressortit quelques minutes plus tard.
« Tout va bien, dit-elle à ses deux amies, c'est seulement une sorte d'examen médical assez sommaire... »
Ce fut le tour de Dydy. Elle aussi reparut au bout de quelques instants. Enfin, Flo suivit à son tour la vieille femme derrière le rideau. Elle fut invitée à s'asseoir sur une chaise et la femme commença son inspection. Elle ne tarda pas à remarquer la cicatrice qu'avait laissé l'implantation du micro-émetteur et, en appuyant avec son doigt, se rendit compte de la présence d'un corps étranger. Elle fit signe à Flo de rester assise, ouvrit un buffet qui se trouvait au fond de la pièce et en sortit plusieurs fioles, un récipient en terre cuite et une sorte de couteau dont la lame était courte et effilée...
Pendant ce temps, Dydy et KPL s'étonnaient de la durée de l'examen : le leur avait été beaucoup plus court. Environ quinze minutes s'écoulèrent, interminables. Enfin, Flo finit par ressortir. Elle tenait un linge taché de sang sur une plaie suturée sommairement à la base de son oreille droite.
« Mais... Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? interrogea Dydy.
- Elle m'a retiré l'implant-émetteur.
- Mais ça va aller ?
- Oui. Elle m'a administré une sorte d'anesthésiant local. Je n'ai rien senti durant l'intervention... »

A présent, tout contact direct avec le vaisseau était rompu. Les femmes du village attribuèrent une hutte aux trois jeunes femmes et leur dirent quelques mots que Flo traduisit à ses amies :
« Vous êtes libres de rester avec nous ou de partir. Surtout ne cherchez pas à libérer vos hommes, ils sont sous notre contrôle. »
Les villageoises se retirèrent et les laissèrent seules. Pendant quelques instants, un silence pesant régna dans la hutte : KPL et Dydy, inquiètes, se demandaient par quel moyen elles pourraient aider le reste de l'équipage. Finalement, Flo tenta de les rassurer :
« La vieille femme de tout-à-l'heure a détruit mon implant en le broyant avec une pierre après l'avoir extrait. Coll et Simon doivent déjà avoir remarqué que nous étions en difficulté... »

En effet, Coll et Simon avaient suivi les évènements depuis le vaisseau par l'intérmédiaire du drone qui survolait maintenant le village. Ils avaient assisté impuissants à la capture de leurs amis. Lorsque la vieille femme avait détruit l'implant-émetteur de Flo, Coll avait décidé de contacter Jamo sans attendre :
« Coll au Quartier Général. La deuxième partie de notre mission a pris un tour désastreux : l'équipe d'exploration a été capturée et nous venons de perdre le contact radio. Je vous envoie immédiatement un rapport détaillé. »
Coll rédigea en hâte un récit complet des évènements, sans oublier de préciser que lui et Simon étaient restés seuls à bord. Il l'envoya sans prendre le temps de le relire.
« Et maintenant ? lui demanda Simon
- Nous attendons. Notre message mettra environ dix minutes pour arriver à destination... Et le temps qu'ils trouvent une solution, là haut... je pense qu'il ne faut pas espérer une réponse avant une heure ou deux... »

Pendant ce temps, Walid et les hommes de l'équipage étaient assis au sol dans la hutte où ils avaient été emmenés. Ils attendaient depuis plus de deux heures que le Conseil des Anciens ait fini de délibérer sur leur cas.
« On s'est bien fait avoir... je me demande comment on va s'en sortir, cette fois, s'inquiéta Dami.
- C'était un risque à prendre, nous n'avions pas le choix, répondit Tigweg.
- Ce n'est pas le moment de paniquer, ajouta J-P, nous savions dès le début que cette mission comportait des risques.
- S'ils voulaient nous tuer, ils l'auraient déjà fait, intervint le capitaine. Nous avons de la chance d'être toujours en vie ! Ces villageois ne me paraissent pas méchants, reste à savoir où ils vont nous emmener ! J'espère que les filles et Coll trouver une solution rapidement, en tout cas... Je n'aime pas me trouver dans ce genre de situation... »
A ce moment la grande porte s'ouvrit et une dizaine de soldats entrèrent, suivis du chef du village, qui avait lui aussi revêtu une tenue militaire. Ils ouvrirent une trappe dans le sol au fond de la hutte, et les îliens furent conduits sous terre par un escalier. Après avoir parcouru un long tunnel, ils arrivèrent à ce qui semblait une prison aménagée dans une grotte. Walid s'étonna du fait que ce petit bâtiment, que rien ne distinguait des autres, fût l'unique accès d'une installation souterraine aussi étendue.
Deux vastes cellules fermées par des grilles avaient été aménagées de part et d'autre d'un couloir central. Sans mobilier ni confort, elles ressemblaient à des camps de concentration souterrains plutôt qu'à un endroit conçu pour enfermer de simples voleurs. Certains des prisonniers qui s'y entassaient par dizaines semblaient n'avoir pas vu la lumière du jour depuis fort longtemps.
« Probablement des prisonniers de guerre... commenta Guitou.
- Parce qu'il y a des guerres par ici ?! Ça me paraît peu probable, répondit Dami.
- Non, je ne serais pas étonné que cette région soit souvent ravagée par des guerres, expliqua Walid. Cela expliquerait leur retard technologique et leur pauvreté... »
Un garde ouvrit la porte d'une des deux cellules, et les autres poussèrent les mathiliens à l'intérieur après les avoir détachés. Le garde referma ensuite la porte et s'en alla avec ses amis qui chuchotaient...
« Nous voilà emprisonnés comme des criminels... » dit Tigweg.
Une voix derrière lui l'interrompit :
« Ça fait bien longtemps que je n'ai pas entendu ce langage qui m'est si cher... j'ai cru que j'étais condamné à entendre les gémissements de ces soldats tout le reste de ma vie... et quelle vie... »

Les mathiliens, étonnés, se tournèrent vers le coin de la cellule d'ou provenait la voix. Ils virent, assis sur le sol, les yeux fermés, un homme qui semblait affaibli par des années de captivité. Sa barbe atteignait sa poitrine et ces cheveux hirsutes tombaient sur ses épaules. Ils s'approchèrent de lui lentement et silencieusement, et le visage de l'inconnu leur apparût : un beau visage humain se cachait derrière cette barbe et cette chevelure... Mais qui était cet homme ? Et depuis quand était-il enfermé ici ? L'homme ouvrit ses yeux fatigués et affaibliet regarda les visages qui l'entouraient. Lorsqu'il aperçut J-P, son regard se fixa sur lui avec insistance, à tel point que ce dernier en fut mal à l'aise. Walid s'en aperçut et commença à l'interroger :
« Qui êtes-vous, monsieur ? Pourquoi et depuis quand êtes-vous ici ? »
Le mystérieux prisonnier fixait toujours J-P et ne semblait pas entendre les questions du capitaine.
« Ça ne fait aucun doute... c'est bien toi, vieux frère ! »
Tout l'équipage se tourna vers J-P.
« Mais qui est-ce, JP ? Tu le connais ?! demanda Tigweg.
J-P, aussi étonné que ses compagnons, s'approcha de l'homme pour le soutenir et l'aider à s'asseoir correctement. A ce moment, il le reconnut enfin et sembla avoir un choc :
« Mais... comment es-tu arrivé ici, mon ami ? Je croyais ne plus te revoir !
- C'est une longue histoire... mais je ne sais même plus depuis combien de temps je suis ici... j'ai perdu tout espoir, mon frère... j'ai perdu tout... » termina-t-il difficilement.
Rapidement, Dami rejoignit J-P pour aider le pauvre homme à s'allonger.
« Enlevez vos vestes, enlevez les, ordonna Walid, pour qu'il se repose sur quelque chose de plus doux que le sol de cette prison... »
Pendant que Dami l'examinait, les autres se tournèrent vers J-P pour savoir plus :
« Mais qui est-ce ?! Comment connais-tu cet homme, J-P ?interrogea Tigweg.
- je le connais très bien ! Il était présent sur l'île bien avant votre arrivée... C'est est l'un des plus anciens mathiliens, un ami de notre chef suprême Tom-Pascal. Cet homme n'est d'autre que le fameux Philoux dont vous avez certainement entendu parler...
- Je serais curieux de savoir ce qui lui est arrivé... et comment s'est-il retrouvé ici- ! s'étonna Guitou.
- Comment, on ne sait pas... Mais une chose est sûre c'est qu'il est là depuis longtemps... Répondit Tigweg.
- Il nous a quitté mystérieusement depuis...
- Depuis quand ? Parle, J-P, je sens que tu nous caches quelque chose...
- Non, capitaine, je ne vous cache aucune information... Juste après sa disparition, des rumeurs ont commencé à circuler : on racontait qu'il avait été envoyé en mission secrète, mais Tom-Pascal n'a jamais voulu confirmer ou infirmer cette hypotnèse... »
Pendant qu'ils discutaient, Dami était resté avec Philoux et avait procédé à un examen médical complet. Il rejoignit le reste du groupe et fit son rapport :
« Il ne porte aucune blessure apparente, aucun signe de violence physique ni de torture, mais il souffre de malnutrition et il est très affaibli psychologiquement...
- C'est compréhensible, commenta le capitaine.
- Je lui ai donné des compléments alimentaires et un sédatif léger. Il va dormir pendant deux à trois heures... attendons son réveil pour en savoir plus. »
Le capitaine s'éloigna quelques instants pour réfléchir, puis revint vers le groupe :
« Je crois que j'ai enfin compris pourquoi nous avons été envoyés ici... C'est certainement pour lui !
- Possible, répondit Guitou.
- Ça me semble une hypothèse très probable, continua le capitaine. Voici ce que nous allons faire : Dami, occupe toi bien de lui et fais le maximum pour le remettre sur pied. J-P, dès qu'il se réveillera, tu resteras seul avec lui pour lui parler, c'est en toi qu'il aura le plus confiance. Tu lui expliqueras la situation et tu lui présenteras le reste de l'équipage. Ensuite, je prendrai le relais, et j'essaiera d'obtenir de lui le plus d'informations possible... je sens que Coll et les filles vont trouver une solution rapidement pour nous sortir de là ! Nous devons être prêts à tout moment pour une éventuelle opération de sauvetage »
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# Posté le lundi 30 juin 2008 17:10

L'arrivée des renforts

L'arrivée des renforts
Flo, Dydy et KPL se trouvaient toujours dans la hutte qu'on leur avait attribuée. Flo étudiait son dictionnaire et les notes qu'elle avait prises : il lui fallait apprendre au plus vite le langage des villageois. KPL réfléchissait silencieusememnt en regardant par la fenêtre. Dydy, de plus en plus nerveuse, finit par les interrompre :
« Qu'est-ce qu'on attend pour agir- ?
- Avant de tenter quoi que ce soit, nous devons en savoir un peu plus sur ces gens et sur leurs coutumes, répondit Flo. La moindre erreur pourrait agraver la situation. Je pense pouvoir gagner la confiance de notre guide et des autres femmes du village...
- Mais pendant ce temps, le capitaine et les autres croupissent dans je ne sais quelle prison insalubre...
- Je le sais aussi bien que toi, et je m'emploie à trouver une solution pour les sortir de là aussi rapidement que possible. Mais nous n'avons pas les moyens de tenter une action en force, il faudra y parvenir par la voie diplomatique... Cette vieille femme qui m'a retiré mon implant semble très respectée par l'ensemble de cette communauté. Je devrais pouvoir arriver à quelque chose en travaillant avec elle.
- Travailler avec... tu ne vas quand-même pas lui servir d'assistante ?
- Si. C'est le seul moyen d'obtenir rapidement les informations dont nous avons besoin. »

Pendant ce temps, au vaisseau, Coll et Simon attendaient depuis des heures une réponse du quartier général. Enfin, un message de Jamo s'afficha sur l'écran de contrôle. Coll en prit connaissance immédiatement.
« Qu'est-ce qu'ils nous disent ? demanda fébrilement Simon.
- Ils ont décidé de nous envoyer une équipe de quatre personnes en renfort. Nous devons aller les récupérer en orbite dans une capsule. Le fichier joint contient le plan de vol. Je décolle immédiatement. »
Coll rejoignit le poste de pilotage, programma la course et mit les moteurs en marche. Environ 40 minutes plus tard, il effectuait la manoeuvre de récupération de la capsule en orbite.
« Arrimage réussi. Je vais ouvrir le sas. »
Coll se dirigea vers le sas arrière où s'était arrirmée la capsule. Dès qu'il l'eut ouvert, une jeune femme brune entra dans le vaisseau.
« Capitaine Moomin. Voici mes officiers : VN, Kévin et Porcepic.
- Bienvenue à bord, répondit Coll.
- Ne perdons pas de temps : fermez le sas, désarrimez la capsule et retournons immédiatement sur le site d'atterrissage d'où vous êtes partis. Dès notre arrivée, je vous communiquerai les informations supplémentaires que l'équipe de Jamo a obtenues. »
Coll se remit aux commandes et retourna à la surface de la planète. Lorsqu'il eut à nouveau posé le vaisseau dans la clairière, Moomin réunit l'équipage et, après avoir chargé un fichier dans l'ordinateur central, commença à expliquer :
« Voici une carte détaillée de la région avec l'emplacement de tous les villages qui s'y trouvent. Ces peuplades sont parmi les plus primitives de la planète, et la zone est constamment agitée par des guerres tribales depuis des siècles. Mais il y a plus préoccupant encore : Un changement de gouvernement a récemment eu lieu dans une des contrées voisines, et le nouveau roi de ce pays a décidé d'étendre son territoire. Il profite du retard technologique de ses voisins pour les envahir. Deux villages ont déjà été annexés, et les troupes d'invasion se dirigent maintenant vers celui où votre équipage est retenu...
- Alors ils vont sûrement liberer nos amis ! interrompit Simon.
- Peu probable. Seule la conquête les intéresse. Ils traiteront probablement tous ceux qu'ils trouveront sur place de la même façon. Il est préférable de s'allier avec les gens du village et de les aider à repousser leurs assaillants. Nous en avons largement les moyens. Lorsque nous aurons fait comprendre à ces gens que nous ne sommes pas leurs ennemis, ils n'auront plus aucune raison de retenir notre équipage.
- D'accord, donc on détruit l'armée adverse et on passe récupérer les nôtres au retour...
- Pas tout de suite : aider ces villageois à leur insu ne nous apporterait rien. Nous interviendrons lorsque l'armée des envahisseurs atteindra le village.
- Dans combien de temps ?
- Par chance, ils progressent très lentement : ils ont des machines de guerre très volumineuses, ce qui les oblige à abattre des arbres sur leur passage pour leur faire traverser la forêt. Ils n'atteindront pas le village avant 24 heures. Cela nous laisse le temps de préparer un plan d'action. Coll, je veux voir les enregistrements du drône au moment de la capture de l'équipage. »
Coll actionna quelques boutons et les images aériennes apparurent à l'écran. Moomin les étudia attentivement.
« Les femmes de l'équipage n'ont pas été emmenées avec les autres. Cela va me permettre de les informer de ce qui se prépare et de mettre au point une action concertée avec elles. Je crois savoir qu'une de vos équipes avait ramené des vêtements similaire à ceux des villageois. En reste-t-il ?
- Oui. Tout est là. » répondit Simon en lui apportant le sac.
Moomin choisit rapidement une tenue et s'apprêta à aller s'isoler dans une des cabines pour se changer. Voyant que VN et Kévin fouillaient eux aussi dans le sac, elle les interrompit :
« J'y vais seule.
- Mais... capitaine, répondit VN, vous êtes sûre que c'est très prudent ?
- Sûrement plus prudent que d'y aller en force pour tous vous faire prendre aussi... Vous avez vu ce qui est arrivé à l'autre équipage. Une femme éveillera beaucoup moins leur soupçons. »
Quelques minutes plus tard, Moomin sortit du vaisseau habillée en autochtone et se dirigea résolument vers le village. Elle y parvint trois heures plus tard, à la tombée de la nuit. Elle contourna les gardiens postés autour du hameau et commença à circuler entre les huttes, s'arrêtant devant chaque porte pour écouter. Enfin, au bout d'une quinzaine de minutes, elle crut reconnaître des voix famillières. Elle entra et trouva Dydy, Flo et KPL en grande discussion. Les trois amies interrompirent leur conversation. Flo reconnut immédiatement la nouvelle arrivante.
« Capitaine Moomin ? Mais... quelle surprise de vous voir ici !
- Coll a informé le quartier général des derniers évènements et ils ont décidé de vous envoyer du renfort. J'ai des informations importantes à vous communiquer. Ce village est sur le point d'être envahi...
- Mais par qui ? interrogea KPL. Qui peut bien vouloir annexer un village aussi primitif ?
- Le roi d'un pays voisin qui convoite ce territoire. L'armée d'invasion est à moins d'un jour de marche. Et leur techologie est supérieure à celle des gens de ce village... mais inférieure à la nôtre.
- Je vois où vous voulez en venir : nous devrons aider le village à se défendre.
- Exactement, Flo.
- La solution diplomatique qu'on cherchait... Vous avez des informations plus précises sur ceux que nous allons combattre ?
- Seulement des schémas assez sommaires de leurs machines de guerre. Je vous les ai apportés. »
Moomin remit quelques feuillets imprimés à Flo, qui les lut immédiatement.
« Ce rapport mentionne également une arme secrète...
- En effet, nous n'avons pu obtenir aucune information à ce sujet. Cependant, je ne pense pas qu'elle nous posera de problèmes. Notre technolgie a deux ou trois siècles d'avance sur la leur.
- Quel est le plan d'action ? demanda Dydy.
Nous interviendrons dès que l'armée ennemie sera en vue du village. Coll survolera le champ de bataille à une altitude suffisante pour ne pas effrayer les villageois et détruira les machines de guerre les plus volumineuses juste avant qu'elles n'atteignent le village avec le canon-laser réglé à sa puissance minimale. Vous, mon équipe et moi interviendrons au sol. Je vous ai ramené des pistolets-laser. Des questions ?
- Non, répondit Flo. Mais j'ai des inquiétudes concernant cette arme secrète.
- On arrivera bien à improviser une solution, répondit KPL.
- Je compte sur vous pour ça. Je dois maintenant retourner au vaisseau. Bonne chance pour demain. »
Moomin sortit de la hutte et quitta le village aussi discrètement qu'elle y avait pénétré. Malgré l'obscurité, elle rejoignit sans encombre le vaisseau où son équipage l'attendait anxieusement, mit à jour ses notes pour la préparation de la mission du lendemain, puis ordonna à tout le monde de prendre un peu de repos, avant de faire de même.
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# Posté le lundi 30 juin 2008 17:14

Une bataille mémorable

Une bataille mémorable
Dans leur prison souterraine, le capitaine Walid et ses hommes d'équipage ignoraient tout de l'attaque désormais imminente et de l'arrivée de renforts. Philoux s'était enfin réveillé, et sa condition physique semblait s'être améliorée quelque peu. Il conversait maintenant avec J-P, à l'écart des autres. Walid les observait de loin, attendant le moment où il pourrait enfin s'approcher et commencer à poser ses questions. Finalement, J-P se tourna vers lui et fit un signe de la tête. Walid vint s'assoir avec eux.
« Philoux, expliqua J-P, voici le capitaine Walid, qui commande notre mission. Il voudrait te poser quelques questions.
- Il a l'air bien jeune... trop jeune pour cet endroit...
- Je sais que cela va vous être pénible, mais j'ai besoin d'informations... pouvez-vous me raconter comment vous êtes arrivé ici ?
- C'est une longue histoire... Elle a commencé il y a bien des années, lorsque j'étais encore sur notre lune... Tom-Pascal tentait d'établir le contact avec la planète, à cette époque... et un jour, il a finalement reçu une réponse...
- Une réponse ? De qui ?
- nous avons mis plusieurs semaines à la déchiffrer... C'était un message du cerveau central... Nous avons répondu, puis une correspondance régulière s'est mise en place... Et finalement, il a été convenu qu'un embassadeur serait envoyé en surface...
- Et cet embassadeur, c'était vous ?
- Oui... j'étais jeune et curieux, à cette époque... Exactement comme toi, mon garçon... Je me suis tout de suite porté volontaire...
- Mais ensuite ? Que s'est-il passé ?
- Nous avions bien étudié le réseau de détecteurs orbitaux, mais il était d'une technologie très avancée... Plus avancée que la nôtre... Et lorsque j'ai voulu le traverser... je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, mais les moteurs de mon vaisseau sont tombés en panne... J'ai réussi à redresser l'appareil en entrant dans l'atmosphère, et j'ai tenté un atterrissage d'urgence... Ensuite... la dernière chose dont je me souviens est le sol qui s'approchait, toujours plus vite... Quand j'ai repris connaissance, toutes les vitres de la cabine de pilotage étaient brisées, et je me trouvais au milieu d'une forêt...
- La forêt qui entoure ce village ?
- Oui... Après avoir soigné mes blessures et tenté vainement de réparer mon système de communication pour contacter le QG, j'entrepris d'explorer la zone... Au bout de quelques jours, je découvris un village, comme celui où nous sommes maintenant. Les habitants se montrèrent d'abord très méfiants à mon égard, mais je finis par leur faire comprendre que je n'étais pas une menace pour eux...
- Et ensuite ?
- Je compris trop tard que les villages de cette région se livraient une guerre perpétuelle... Un jour, il y eut une bataille avec l'un des clans voisins, et, malgré ma tentative de rester en-dehors des combats, je fus capturé avec un groupe de soldats et conduit ici...
- Tout cela sera bientôt terminé... Nous allons vous sortir de là.
- Il y a bien longtemps que je n'ai plus ce genre d'illusion, jeune capitaine... personne ne sort jamais de ces prisons...
- Nous sortirons : nous avions trois femmes avec nous, et elles sont toujours libres, ainsi que notre pilote, qui est resté au vaisseau. Ils trouveront un moyen de nous aider.
- J'aimerais tellement te croire... »
Philoux baissa lentement la tête. Il semblait à nouveau épuisé. Walid fit signe à Dami d'approcher. Le médecin examina à nouveau son patient et conclut :
« Il vaudrait mieux s'arrêter là, capitaine. Il est encore très faible... Il lui faudra probablement plusieurs mois pour se rétablir tout à fait lorsque nous aurons quitté cet endroit. Laissons-le se reposer... D'ailleurs, nous devrions tous en faire autant, il doit déjà faire nuit... »

*
* *

La nuit avait passé. Dans leur hutte, KPL, Dydy et Flo se préparaient pour une journée qui s'annonçait difficile. Elles s'étaient levées à l'aube et avaient relu une dernière fois les informations apportées la veille par Moomin. Dydy ouvrit la porte et regarda au-dehors. Les villageois vaquaient à leurs occupations habituelles.
« Ils ne se doutent de rien, commenta-t-elle. On devrait peut-être les prévenir, non ?
- je ne pense pas que ça servirait à grand-chose, répondit Flo. Tout d'abord, ils ne nous croiraient probablement pas. Ensuite, ils se demanderaient après coup comment nous pouvions être au courant. Il vaut mieux attendre...
- l'attaque est prévue pour quand ?
- D'une minute à l'autre : Les fichiers laissés par Moomin ne donnent pas une estimation très précise...
- Il ne nous reste peut-être plus beaucoup de temps pour nous préparer, s'inquiéta KPL.
- Nous devrions les voir arriver d'assez loin avec leurs machines de guerre... Certaines d'entre elles mesurent près de vingt mètres de haut... Elles devraient d'ailleurs être détruites par Coll avant d'atteindre le village... »

Pendant qu'elles conversaient, Moomin et son équipe de renforts, à bord du vaisseau, donnait ses dernières consignes :
« Nous venons de recevoir les dernières images de l'armée d'invasion transmises par le drone. Ils sont maintenant à environ deux à trois heures du village. VN, Kévin et moi, nous interviendrons au sol pendant la bataille. Nous partirons immédiatement après cette réunion. Coll, tu survoleras le site à une altitude suffisante pour ne pas être remarqué des villageois. Porcepic, tu occuperas le poste d'armement sur le vaisseau. Tu détruiras les machines de guerre ennemies avant qu'elles n'atteignent leur position de tir. Je te rappelle que tu ne dois en aucun cas tirer dans un périmètre de cinquante mètres autour du village : à l'altitude où vous serez, la précision du tir n'est pas suffisante, et vous risqueriez de détruire des habitations. Simon, tu assureras la liaison radio avec nous. Des questions ?
- Les images montrent un objet non identifié dont la hauteur est inférieure à celle des arbres, expliqua Coll. La résolution de l'image n'est pas suffisante pour voir précisément ce que c'est à travers le feuillage, mais cela semble assez volumineux. Cependant, Porcepic aura des difficultés à verrouiller sur cette cible avant qu'elle n'atteigne la clairière où se trouve le village...
- En effet, répondit Moomin. Nous devrons nous charger de ce problème avec l'aide des trois membres d'équipage restés sur place. S'il n'y a pas d'autres questions, nous partons tout de suite. »
Moomin, VN et Kévin sortirent du vaisseau et se mirent rapidement en marche vers le village. Coll, Porcepic et Simon rejoignirent leur poste et le vaisseau décolla.

Le groupe arriva en vue du village environ trois heures plus tard. Moomin contacta le vaisseau.
« Moomin à Simon, où en êtes-vous ?
- Nous sommes en vol stationnaire au-dessus du village à l'altitude prévue.
- Et l'armée d'invasion ?
- à une centaine de mètres au nord-est... Je crois qu'ils vont bientôt lancer leur attaque...
- Soyez prêts à initier les séquences de tir. Nous allons nous approcher du village par le sud-ouest. Dès que l'attaque sera lancée, commencez à tirer.
- Bien reçu, capitaine. »
Pendant ce temps, KPL, Dydy et Flo, toujours sur leurs gardes, guettaient autour d'elles le moindre signe annonciateur de l'imminence d'une attaque. Soudain, elles entendirent un sifflement dans l'air, et une grosse pierre incandescente s'abattit au milieu du village.
« Nous y sommes, commenta Flo. tenez-vous prêtes. »
la chute du projectile avait semé la panique parmi les villageois. Les habitants se précipitaient en désordre à l'intérieur des huttes, pendant que les soldats du village se rassemblaient sur la place principale. Les trois mathiliennes observaient l'agitation autour d'elles. Dydy retourna dans la hutte chercher les pistolets-lasers. KPL remarqua plusieurs éclairs qui frappèrent le sol en différents points de la forêt, provoquant des explosions.
« Coll et les autres doivent commencer à détruire les machines de guerres de l'ennemi, commenta-t-elle.
- En effet, il n'y a pas eu d'autres projectiles... » ajouta Flo.
Dydy revint avec les pistolets-lasers et en distribua à ses deux amies. A ce moment, plusieurs dizaines de soldats ennemis sortirent de la forêt. Les gardiens du village se précipitèrent au combat.
L'armée d'invasion était plus nombreuse et mieux armée. Les autres hommes du village, armés de bâtons et de fourches, vinrent bientôt prêter main-forte aux soldats, mais ces renforts mal entraînés au combat risquaient fort d'être insuffisants. Plusieurs assaillants avaient déjà passé la ligne de défense et s'apprêtaient à pénétrer dans les habitations. Profitant de la confusion, Moomin, VN et Kévin entrèrent dans l'enceinte du village et rejoignirent leurs trois amies devant leur hutte. Ces dernières avaient déjà commencé à se déployer et neutralisé quelques soldats ennemis.
« La situation se présente mal, leur expliqua Flo en les voyant. L'armée d'invasion est supérieure en nombre...
- Pas si sûr, répondit Moomin. Regarde, notre intervention commence à être efficace : les soldats ennemis ont l'air assez effrayés par nos lasers.
- Ceux du village aussi, apparemment, commenta VN. Ils nous regardent plutôt bizarrement...
- C'est nous qu'ils regardent... ou cette chose ? » demanda KPL.
Les mathiliens regardèrent dans la direction qu'elle indiquait. Une énorme créature recouverte d'une cuirasse venait de sortir de la forêt et se dirigeait droit sur les premières huttes du village.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Kévin. On dirait un dinosaure... »
Flo avança de quelques pas. Elle fixa longuement la bête en fronçant les sourcils. L'animal, arrivant à la hauteur d'une hutte, buta contre celle-ci au lieu la contourner. Il semblait vouloir continuer en ligne droite malgré l'obstacle.
« C'est une machine...
- Comment ? tu es sûre ? s'étonna Dydy.
- Oui. Ses mouvements sont mécaniques et répétitifs, et elle ne semble pas capable de changer de direction. C'est probablement une sorte d'automate... On doit pouvoir la neutraliser. »
Sans plus d'explications, Flo se dirigea résolument vers la bête. Arrivée à sa hauteur, elle se mit à l'observer sous toutes les coutures. Les autres mathiliens la rejoignirent.
« Fais attention, lui recommanda KPL, tu risques de te faire écraser !
- Non, j'ai mémorisé sa séquence de mouvements...
- Qu'est-ce que tu cherches ? demanda Moomin.
- la trappe d'entretien...
- Quoi ?
- Un moyen d'entrer à l'intérieur de ce robot pour l'arrêter. »
A ce moment, une femme tremblante de peur entrouvrit la porte de la hutte et commença à parler. C'était la villageoise qui leur avait servi de guide la veille.
« Qu'est-ce qu'elle dit ? demanda Kévin
- J'ai emporté un traducteur avec moi, répondit VN. Elle nous dit de nous mettre à l'abri avant de nous faire dévorer. »
Flo se retourna vers elle.
« Quelque chose ne va pas ? lui demanda KPL.
- Au contraire, je pense qu'elle vient de me donner la solution !... Est-ce que l'un d'entre vous a une lampe de poche ? »
Kévin fouilla dans une boîte à outils qu'il avait emportée avec lui et lui donna une lampe. Flo entreprit de monter sur le toit de la hutte et s'approcha de la tête de l'automate. Elle remarqua ce qui semblait être des boulons de serrage de part et d'autre de sa mâchoire. Elle les détruisit avec son laser et la mandibule inférieure de la "bête" pivota autour de son axe. Flo dirigea sa lampe dans la gueule béante. La gorge du monstre était en fait un tube d'accès muni d'une échelle. Flo s'y engagea et descendit à l'intérieur. Sa première analyse fut vite confirmée : les entrailles du monstre n'étaient que bielles et rouages. Au fond, un homme s'affairait à remettre continuellement du charbon dans une sorte de four. La bête n'était rien d'autre qu'un automate actionné par une machine à vapeur...
Alors qu'elle s'approchait, le chauffeur l'aperçut, et s'avança vers elle d'un air menaçant en brandissant sa pelle. Il fut stoppé net par un tir de laser.
Elle entreprit ensuite de vidanger la réserve d'eau, afin de priver l'engin de sa source d'énergie. Lorsque ce fut fait, elle ressortit de la bête par le même chemin qu'elle avait emprunté pour entrer.

La mise hors-service de leur arme secrète avait achevé de décontenancer l'armée ennemie. Sans leurs machines de guerre et face à des adversaires équipés d'un armement qui leur était inconnu, les envahisseurs préférèrent battre en retraite. Plusieurs villageois avaient vu Flo se jeter dans la gueule de la "bête" et en ressortir indemne quelques minutes plus tard. Ils entourèrent le groupe des mathiliens et les invitèrent à les suivre sur la place principale. Leur attitude avait complètement changé : la défiance et l'hostilité de la veille semblaient avoir fait place au respect et à l'admiration. Le chef du village les attendait à la porte de l'édifice central. Il leur adressa quelques paroles que VN traduisit :
« Il nous remercie d'avoir repoussé leurs ennemis et tué le dragon... Et il nous demande si nous sommes des magiciens.
- réponds-lui que nous sommes seulement des explorateurs, répondit Moomin. Et dis-lui que nous voudrions que nos compagnons soient libérés. »
VN traduisit la réponse de Moomin. Le chef ne répondit rien. Il traversa la place principale et se dirigea vers la hutte qui servait d'entrée à la prison souterraine.

Dans leur cellule, le capitaine Walid et ses hommes ignoraient tout des récents évènements et de l'attaque que venait de subir le village. L'arrivée du chef dans la prison les étonna, et quand ce dernier pointa le doigt dans leur direction en s'adressant aux gardiens, la surprise se mua en une vague inquiétude. Walid s'avança jusqu'aux barreaux. Le roi fit ouvrir la porte et commença à lui parler. Ne comprenant pas ce qu'il disait, les mathiliens échangèrent des regards inquiets, mais Philoux, qui avait appris le langage des indigènes, put leur traduire les propos du chef :
« Il dit que vous êtes libres... Vos femmes ont sauvé le village. »
Soulagés, les mathiliens s'empressèrent de sortir de la cellule. J-P et Dami avaient aidé Philoux à se relever et, comme ils s'apprêtaient à passer la porte avec lui, les gardiens leur barrèrent la route. Le chef du village les fixait d'un oeil sévère.
« Ils ne veulent pas me laisser partir, expliqua Philoux. Ils ne savent pas que je suis l'un des vôtres...
- Mais... on ne peut pas le laisser ici, intervint J-P. Capitaine...
- Tigweg, va chercher Flo, ordonna Walid. Il faut que je puisse parlementer avec le chef. »
Tigweg partit en courant et monta les escaliers aussi vite qu'il le put. Il revint quelques mintues plus tard accompagnés de Flo et de VN, toujours muni de son traducteur électronique. Walid s'étonna de la présence de ce dernier.
« Nous avons reçu des renforts, lui expliqua Flo. Je vous remettrai un rapport complet sur les derniers évènements dès notre retour à bord du vaisseau.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée d'utiliser notre technologie devant eux ? demanda Gui-tou en pointant du doigt le traducteur.
- Après l'action que nous venons de mener, ça ne fera pas une grande différence, lui répondit VN. Ils nous prennent déjà pour des magiciens...
- Peu importe, interrompit Walid. J'ai besoin de parler avec le chef pour obtenir la libération de Philoux. Nous utiliserons les moyens les plus efficaces. VN, suis-moi. »
Walid et VN retournèrent à l'entrée de la cellule où J-P et Dami attendaient toujours de pouvoir sortir. Ils conversèrent avec le chef pendant de longues minutes, jusqu'à que celui-ci, finalement, consentît à libérer Philoux.

Le chef du village, avec à sa suite l'équipage mathilien, monta l'escalier qui conduisait en surface. Lorsqu'ils parvinrent à l'air libre, les habitants, qui étaient tous sortis de leurs huttes, les accueillirent par des acclamations. Dydy et KPL se dirigèrent immédiatement vers eux, suivis de Moomin et de Kevin. Cette dernière s'adressa à Walid.
« Ravie de vous revoir tous. Vous nous avez donné des inquiétudes...
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Le village a essuyé une attaque, que nous avons aidé à repousser. J'ai déjà ordonné à Coll de regagner le site d'atterrissage avec le vaisseau. Nous pourrons y retourner dès que vous le déciderez.
- Le plus tôt sera le mieux, répondit Walid. Nous avons un invité qui a besoin de soins médicaux.
- Si je peux me permettre, intervint VN, le chef du village nous offre l'hospitalité pour cette nuit, et il a ordonné qu'une cérémonie soit préparée en notre honneur... Il serait préférable d'y assister... »
Walid se tourna vers le médecin, qui soutenait toujours Philoux.
« Dami, qu'en penses-tu ?
- J'ai encore de quoi soigner mon patient ici pendant une journée ou deux... Et je ne suis pas certain qu'il puisse supporter trois heures de marche aujourd'hui... Une journée de repos supplémentaire ainsi qu'un bon repas lui seraient certainement profitables avant notre départ.
- Entendu, nous restons jusqu'à demain matin.
- Je contacte Simon et les autres pour qu'ils nous rejoignent. » conclut Moomin.
La journée se termina plus paisiblement qu'elle n'avait commencé. Flo et Kévin, aidés de plusieurs autres membres de l'équipage, occupèrent l'après-midi à démanteler l'automate neutralisé durant la bataille. Dami et J-P avaient fait installer Philoux dans une hutte confortable et se relayèrent à son chevêt jusqu'à la tombée de la nuit. Walid, Moomin et VN, quant à eux, furent invités dans l'édifice central, où ils conversèrent longuement avec le Chef et le Conseil des Anciens. Enfin, lorsque la nuit fut tombée, les villageois allumèrent un feu sur la place du village et convièrent les mathiliens à s'y réunir avec eux. Coll, Porcepic et Simon avaient rejoint le reste de l'équipage dans l'après-midi. L'équipage au grand complet put donc assister à la cérémonie, où Coll fut agréablement surpris de retrouver Philoux, dont la condition commençait à s'améliorer.
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# Posté le lundi 30 juin 2008 17:25

Modifié le mardi 01 juillet 2008 14:43

Complications

Complications
Le lendemain matin, les mathiliens regagnèrent leur vaisseau après avoir salué leurs hôtes. Le trajet dura près de cinq heures, à cause des haltes répétées qu'ils durent faire pour permettre à Philoux de se reposer. Finalement, ils arrivèrent à destination. Dami installa immédiatement son patient à l'infirmerie, Walid se retira dans son bureau, Moomin et Flo entreprirent de rédiger un rapport détaillé sur le déroulement de la mission, et chacun retourna à son poste, à l'exception de Coll et de J-P, qui rejoignirent leur vieil ami Philoux pour lui tenir compagnie.
Environ deux heures plus tard, ils ressortirent de l'infirmerie, se dirigèrent vers le bureau du Capitaine et actionnèrent l'interphone.
« J-P au Capitaine, Philoux vient de nous communiquer des informations importantes.
- Entrez. »
Les deux hommes entrèrent dans le bureau et J-P commença immédiatement son récit :
« Philoux vient de nous indiquer l'endroit approximatif où s'est écrasé son vaisseau. D'autres souvenirs lui sont revenus sur le déroulement de sa mission. Il se rappelle notamment avoir tenu à jour méticuleusement le journal de bord jusqu'à son abandon définitif de l'épave. Il dit que ce fichier contient des informations importantes, qu'il faut absolument récupérer...
- Quelles informations ? demanda Walid.
- Il ne s'en souvient plus avec précision, poursuivit Coll. Mais il se rappelle parfaitement avoir sécurisé le fichier pour qu'il ne puisse pas être effacé ou altéré, même accidentellement. Les données sont toujours intactes, quelque part dans cette forêt. Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est de localiser l'épave avec précision. Nous pouvons utiliser le drone pour ça.
- Bien. Exécution. Moomin et Flo viennent de transmettre leur rapport au QG, et nous avons plusieurs heures devant nous avant de recevoir de nouveaux ordres. Cela nous laisse tout le temps d'aller récupérer ce fichier. »
Walid Sortit du bureau avec ses deux officiers, et ordonna à Flo de procéder au lancement du drône. Coll lui indiqua la zone à balayer, et l'épave du vaisseau de Philoux apparut à l'écran quelque trente minutes plus tard.
« L'épave se trouve à environ quarante kilomètres au nord-ouest de notre position, au pied d'un massif montagneux, expliqua Flo.
- La végétation n est pas très dense, commenta J-P. On pourra se positionner en vol stationnaire au-dessus du site et s'y téléporter.
- Exécution. Coll, établis une trajectoire, nous partons immédiatement. »
Le vaisseau décolla et se dirigea vers le nord-ouest. Durant les vingt minutes que durèrent le trajet, le Capitaine rendit visite à Philoux à l'infirmerie. Ce dernier, le voyant arriver, tenta de se lever.
« Restez alité, lui dit Walid. Je suis seulement venu vous informer que nous avons localisé votre vaisseau. Nous allons récupérer votre journal de bord.
- Je dois vous accompagner, vous ne le trouverez jamais, sinon...
- Je ne le conseille pas, interrompit Dami, s'adressant au Capitaine. Il est encore faible, et je ne suis pas sûr qu'il puisse supporter une téléportation.
- Il faut que je vienne, insista Philoux. J'ai sécurisé le fichier de telle façon que je suis le seul à pouvoir le récupérer... »
Devant l'insistance du vieil homme, Walid accepta finalement qu'il accompagne la mission. Lui et Dami l'aidèrent à se lever et le conduisirent en salle de téléportation, où J-P les attendait déjà. Le capitaine ordonna à Flo et à Padawan de les rejoindre et, lorsque le vaisseau eut pris position à la verticale de l'épave, J-P entreprit de téléporter les cinq membres de l'équipe d'intervention, un à un, vers la surface.
Padawan, puis Flo, furent transportés les premiers. Celle-ci entreprit immédiatement de scanner toute la zone avec son détecteur. Walid les rejoignit, puis, après quelques minutes, le vieux Philoux. Dami, qui avait tenu à surveiller la téléportation de son patient, fut le dernier sur les lieux.
Philoux, malgré sa fatigue encore perceptible, se dirigea vers l'entrée du vaisseau aussi rapidement qu'il le pouvait, soutenu par Dami et Walid. Il commença à composer le code d'ouverture de la porte. Pendant ce temps, Flo, qui avait grimpé sur un rocher pour mieux scanner l'intérieur du vaisseau par la vitre brisée du cockpit, analysait les premières données collectées par son détecteur. Elle sembla soudain s'alarmer et, sautant de son promontoire, se précipita vers le reste de l'équipe :
« N'entrez pas ! »
Il était trop tard. La porte de l'épave venait de s'ouvrir, et Philoux, sans attendre, avait pénétré le premier à l'intérieur.
« Que se passe-t-il, Flo ? interrogea Walid.
- J'ai repéré des formes de vie inconnues à l'intérieur... Elles infestent tout le vaisseau.
- Tu penses qu'elles peuvent être dangereuses ? demanda Dami.
- Impossible à dire pour l'instant, les relevés ne sont pas assez précis... Mais il vaudrait mieux avancer avec précaution. »
Philoux, tout à la joie de retrouver son vieux vaisseau, n'avait pas écouté les recommandations de Flo. Il se dirigeait résolument vers le poste de pilotage, où il se souvenait avoir enregistré son journal de bord. Le reste de l'équipe n'eut pas d'autre choix que de le rejoindre au plus vite. Padawan et Flo avançaient en tête, l'un brandissant son sabre laser, la seconde, les yeux rivés sur son détecteur. Finalement, l'équipage retrouva Philoux assis au poste de pilotage, en train de dégager les pupitres envahis par la végétation. Il pressa quelques boutons, et un écran s'alluma.
« Il est toujours là !... se réjouit-il. Regardez.... »
Walid s'approcha à son tour. Philoux avait déjà ouvert le fichier, et toutes les données qu'il contenait défilaient à l'écran.
« Flo, il a accédé au journal de bord... Tu peux le télécharger ?
- Oui, Capitaine. Les systèmes de communication sont toujours opérationnels, je transmets directement le fichier à l'ordinateur central de notre vaisseau. Le transfert devrait durer trente minutes environ... Flo à KPL, prépare-toi à recevoir le fichier...
- Bien reçu, Flo. Communication établie, les données commencent à arriver... »
Assuré que son journal de bord allait être récupéré, Philoux se leva de son siège et se mit à parcourir l'épave de son vaisseau. Il semblait redécouvrir chaque recoin avec une joie évidente. Dami, beaucoup moins enthousiaste, le suivait dans tous ses déplacements. Lorsqu'ils sortirent de la cabine de pilotage pour se diriger vers le compartiment arrière, Walid fit signe à Padawan de les accompagner.
Quelques minutes s'écoulèrent. Walid et Flo surveillaient toujours le transfert du journal de bord, lorsqu'ils entendirent des cris provenant de l'arrière de l'appareil. Ils se précipitèrent pour aller voir ce qui se passait, et découvrirent Philoux allongé sur le sol. Une étrange créature était aggripée à son visage, et Padawan tentait de la lui arracher.
« Cette chose a surgi de nulle part et s'est jetée sur lui ! » s'écria Dami.
L'animal d'environ dix centimètres de long était muni d'une sorte de carapace conique, d'où dépassaient une demi-douzaines de tentacules assez courts, que Padawan réussit finalement à décrocher, un à un, du visage de Philoux. Flo trouva un container transparent, où ils purent enfermer la bête.
Pendant que Dami, visiblement très inquiet, examinait son patient qui avait perdu connaissance, Padawan commença lui aussi, à être pris d'un malaise diffus.
« Dami... je ne sens plus mes mains...
- C'est le venin de cette bestiole, expliqua Dami. Philoux en a reçu une dose massive, il faut le transporter d'urgence à l'infirmerie... Flo, essaie d'attrapper plusieurs de ces animaux, on en aura besoin pour développer un antidote... »
Pendant que Dami faisait téléporter Philoux et Padawan à bord du Parabole, Flo récupéra d'autres containers et se mit en devoir de débusquer quelques spécimens supplémentaires. Après en avoir attrappé trois autres, Walid et elle rejoignirent le vaisseau à leur tour.

A peine remontée à bord, Flo se rendit immédiatement à l'infirmerie avec les animaux qu'elle avait collectés. Elle trouva Dami en train de placer le vieux Philoux sous assistance respiratoire, et Padawan assis sur le bord d'une couchette et visiblement très anxieux. Dydy et Simon se trouvaient là également, occupés à installer un vivarium dans un coin du labo.
« J'ai pu récupérer trois spécimens supplémentaires... Comment vont Philoux et Padawan ?
- L'état de Philoux est très préoccupant, il a reçu une dose massive de venin et présente des troubles cardiaques et respiratoires sévères. J'ai réussi à le stabiliser pour l'instant, mais je ne pense pas qu'il survive longtemps en l'absence d'un traitement adapté.
- Et Padawan ?
- Je vais l'examiner immédiatement, on en saura plus dans quelques minutes... »
Pendant que Flo disposait un à un ses spécimens dans le vivarium, Dami procéda à un examen complet de l'officier de sécurité, ainsi qu'à quelques prélèvements. Après quelques minutes qui semblèrent interminables à son patient, il posa finalement son diagnostic :
« Le venin contient plusieurs neurotoxines. A faible dose, elles ne semblent pas endommager les tissus nerveux, elles ont seulement une action inhibitrice sur les neurotransmetteurs... Je pense que ta paralysie est temporaire et que tu ne garderas aucune séquelle.
- Tu penses ?... je préfèrerais que tu en sois sûr, répondit Padawan, qui dissimulait mal son inquiétude.
- Je vais t'administrer un traitement provisoire qui stimulera tes défenses immunitaires en attendant de développer un antidote... Flo, tu peux faire un prélèvement de venin sur les spécimens que tu as ramenés ?
- J'y suis déjà occupée, Dami. » répondit-elle.

Pendant ce temps, Walid et les autres membres d'équipage, au poste de commandement, attendaient anxieusement des nouvelles des deux malades. Dydy et Simon, après avoir fini d'installer le vivarium, les y avaient rejoints. J-P et Coll étaient particulièrements inquiets pour leur ami Philoux. Finalement, Dami et Flo entrèrent.
« Alors ? demanda Gui-tou.
- Padawan souffre d'une paralysie des membres antérieurs. C'est probablement temporaire, je pense qu'il se remettra en quelques jours quand j'aurai développé un traitement. L'analyse chimique du venin est en cours...
- Et pour Philoux ? interrompit J-P.
- Son état est très critique. Il a reçu une dose massive de venin, et compte-tenu de son état général...
- Il va s'en sortir, n'est-ce pas ? S'inquiéta Coll.
- Je n'en suis pas certain... »
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# Posté le mardi 01 juillet 2008 14:45