L'ILE DES MATHEMATIQUES

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Un sincère remerciement aux webmasters : Océane et Tom Pascal ! Longue vie à l'île



ILE DES MATHS
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# Posté le lundi 24 mars 2008 04:04

Modifié le lundi 24 mars 2008 14:12

MISSION PLANETE MATHS

MISSION PLANETE MATHS
En réalité, l'île des Mathématiques est une lune en orbite autour de la planète Maths. Il est interdit de se poser sur la planète Maths, c'est l'endroit le plus mystérieux qui puisse exister...

Un jour, Tom-Pascal, le dirigeant de la lune, reçut un message codé anonyme. Sans trop de peine, Jamo parvint à le décoder en quelques jours.
L'auteur du message était le Cerveau Central de la planète Maths. Il ne donnait que peu de détails, mais expliquait qu'il n'avait plus confiance en ses sujets même les plus intimes. Il soupçonnait Pi de préparer une révolution et d'essayer de se débarrasser de lui, le cerveau de la planète Maths en personne ! Inutile de préciser que, s'il venait à disparaître, ce serait une véritable catastophe.
Soupçonnant également ses ministres de soutenir le chef de la rébellion, le Cerveau des Maths avait adressé ce message de détresse à Tom-Pascal, croyant savoir que les membres de la lune l'affectionnaient particulièrement. Et il ne s'était pas trompé.
Tom-Pascal organisa une réunion en urgence et exposa le problème à tous les membres. Sans tarder, un équipage de mathîliens fut désigné pour partir en mission sur la planète mère. Une carte envoyée par le Cerveau des Maths leur indiquait les endroits qui devaient être visités, sans plus de détails.

La première étape de la mission consistait à aller à la rencontre du Chef des Nombres Impairs dans le grand désert. L'aventure de nos mathîliens commençait. Un équipage de neuf personnes, placé sous le commandement du capitaine Walid, fut rapidement constitué :
- Tigweg, commandant en second ;
- Dami, médecin de bord ;
- J-P, chef-ingénieur ;
- Coll, pilote ;
- KPL, premier officier scientifique, spécialité : Mathématiques ;
- Flo, second officier scientifique et responsable des transmissions ;
- Gui-tou, responsable des armements et officier de sécurité ;
- Simon, cuisinier.

Jamo fut désigné pour assurer la supervision de la mission depuis le quartier général situé sur la lune et garder un contact permanent avec l'équipage. A bord de leur vaisseau Parabole, le capitaine Walid et son équipage entamèrent bientôt la traversée des espaces vectoriels qui les séparaient de la planète Maths. Peu de temps après le décollage, ils reçurent un message de Jamo :
« D'autres volontaires pour la mission se sont présentés peu après votre départ. Nous vous envoyons deux membres d'équipage supplémentaires par téléportation : l'officier de sécurité Padawan et l'assistante-ingénieur Dydy.
- Bien reçu, Jamo. Cependant, nous approchons de la barrière de détecteurs orbitaux de la planète. Le niveau des interférences augmente rapidement. » répondit Flo.
Coll décéléra légèrement afin de faciliter le transfert des deux officiers retardataires. J-P rejoignit rapidement la salle du téléporteur et se prépara à recevoir les nouveaux arrivants :
« Téléporteur prêt.
- A cause des interférences, nous ne pouvons vous envoyer qu'une personne à la fois. Préparez-vous à recevoir l'officier Padawan. »
Le second officier de sécurité fut bientôt à bord. Il s'excusa immédiatement de son retard :
« Désolé de me faire remarquer dès le départ... mais j'avais égaré mon lightsaber porte-bonheur... le bleu. Et comme cette mission est des plus périlleuses, je ne voulais pas partir sans...
- Préparez-vous à recevoir l'officier Dydy.
- Téléporteur prêt... Un instant, le niveau des interférences vient brusquement d'augmenter... J'ai perdu le signal ! »
J-P resta interdit quelques instants.
Alors, avec un calme exagéré que trahirent quelques vibrations dans sa voix, il annonça péniblement :
« Je suis désolé, Capitaine... Nous venons de perdre l'officier Dydy dans un accident de téléportation. »

*
* *

Le voyage ne dura pas longtemps. Walid examinait la carte fournie par le Cerveau des Maths depuis le départ. Le vaisseau réussit son atterrissage au milieu du désert sans anicroche. Simon demanda bêtement où étaient passés les soldats qui protégeaient la planète.
Certaines rumeurs tenaces couraient en effet sur cette planète qu'aucun étranger n'avait jamais visitée ; à en croire ces rumeurs, la planète était surveillée en permanence par un nombre incalculable de soldats prêts à intervenir à toute heure du jour et de la nuit, et qui faisaient passer leur propre sécurité bien après l'intérêt collectif. Cependant, Simon avait beau scruter l'horizon et regarder à perte de vue, il n'apercevait que du sable.
Personne ne répondit à sa question. Walid se doutait bien que cette région était sécurisée, puisque le Cerveau lui-même les y avait envoyés. Les membres de l'équipage descendirent un par un.
Gui-tou était en état d'alerte maximale. Au moment de poser ses pieds sur le sol de la planète mère, Padawan serra très fort son lightsaber porte-bonheur au creux de sa main. Voilà ! L'équipage était arrivé à sa première destination.
Flo, l'officier responsable des transmissions, descendit du vaisseau à son tour, transportant un imposant matériel dont elle se servit sans tarder pour scanner les alentours .
« Rien en surface, Capitaine, annonça-t-elle. Cependant, mon détecteur indique des masses en mouvement à dix mètres de profondeur dans le sable... Et elles se dirigent vers nous. »
A ce moment, un tremblement de terre secoua l'équipage des Mathîliens. Une gigantesque crevasse commença soudain de se creuser au milieu du sable. C'était comme si une main invisible et surpuissante était en action sous leurs yeux ; être témoin d'un tel phénomène avait quelque chose de saisissant. L'incrédulité, la crainte et l'horreur le disputaient au sentiment qu'ils étaient victimes d'une hallucination collective. Lorsque finalement, le sol sembla s'être stabilisé, le capitaine et Gui-tou approchèrent mais ne descendirent pas, éberlués. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la façade interne de la crevasse était tapissée d'escaliers, comme une invitation à descendre.
Ils restèrent quelques instants tétanisés par l'événement surnaturel qui venait de se produire, mais ils furent distraits de leur stupeur par un écho lointain, qui s'amplifia progressivement : quelqu'un montait.
Ils finirent par distinguer non pas un, mais deux hommes qui gagnaient peu à peu la surface, comme éjectés par les entrailles d'un monstre. Plus les deux hommes approchaient, plus l'un d'eux leur semblait familier. Incrédules, ils le dévisageaient comme -ô ironie !- s'il se fût agi d'un extra-terrestre mais bientôt, plus aucun doute ne fut permis.
« Par tous les Anneaux d'Entiers de Saturne, c'est bien Friedrich Gauss, je ne rêve pas ?! Il n'est pas censé être mort depuis longtemps ? » s'écria Simon, les yeux injectés de sang et la lippe pendante.
"Friedrich Gauss" se tourna vers Walid et ouvrit la bouche comme pour parler, mais au lieu d'une voix humaine, il émit une sorte de crissement métallique inintelligible. Flo alluma une sorte d'enregistreur et s'approcha de quelques mètres.
« Les dictionnaires multilingues standards sont incapables d'interpréter cette forme de communication, cela ne ressemble à aucun langage connu... Je viens de mettre au point un nouvel algorithme de traduction, mais je n'ai pas encore fini de le tester... »
Elle pressa quelques touches de son appareil.
« La traduction semble assez approximative, mais apparemment, il nous demande ce que nous faisons ici.
- Nous avons besoin de votre assistance pour la résolution d'un problème mathématique assez épineux. » répondit KPL.
La jeune scientifique, méfiante, avait cru bon d'improviser cette explication pour dissimuler à leur comité d'accueil le véritable but de leur venue. Walid se tourna vers elle et lui adressa un regard sans équivoque : il lui enjoignait de se taire.
Flo, qui s'activait avec son matériel, semblait avoir découvert quelque chose. Le Capitaine remarqua que Gauss s'était adressé à lui directement, et ne le quittait pas des yeux. Comment pouvait-il savoir que c'était lui qui dirigeait la mission ?
Le commandant en second Tigweg demanda alors à Flo s'il lui était possible de servir d'interprète entre Gauss et Walid ; tandis que Flo réglait son traducteur Ilien-Gaussien, Gui-tou et Padawan sortirent discrètement leurs pistolasers a intégrale triple ; Dami se tenait prêt à intervenir au cas où quelqu'un serait blessé au cours des discussions.
Quand elle eut terminé ses analyses, Flo s'adressa au Capitaine :
« Capitaine, les relevés biométriques affichent des résultats pour le moins étonnants : cette créature ne possède aucun organe vital, à l'exception d'un cerveau environ six fois plus volumineux que le nôtre, situé au centre du thorax. Le reste est constitué d'une sorte de protoplasme... Je pense que notre sosie de Friedrich Gauss appartient à une espèce polymorphe... Et apparemment, il attend que vous lui répondiez. »
Le Capitaine se décida à avouer le but de leur venue dans le grand désert des Maths. Il sentait que ces êtres intelligents s'étaient déjà fait une opinion sur leur compte, que d'une certaine façon, ils les connaissaient. Précédant Tigweg, il s'approcha de Gauss et prit la parole :
« Nous désirons voir le maître de ce désert perdu : le Roi des Nombres Impairs. »
Le regard de Gauss resta fixé sur le Capitaine pendant quelques secondes... Les deux hommes ne répondirent rien. Après quelques instants ils se tournèrent, avancèrent jusqu'aux escaliers puis disparurent dans le noir.
Le trou dans le sol était resté béant. Walid se tourna vers ses amis et leur donna des ordres clairs :
« Gui-tou, J-P et moi, on va descendre ! Vous, vous restez ici, vous explorez la zone et vous ne prenez aucun risque. Vous êtes sous le commandement de Tigweg. Padawan, je compte sur toi pour assurer leur sécurité. Flo, je reste en contact avec toi. »
Gui-tou sortit son pistolaser à intégrale triple et passa le premier. Les trois hommes descendirent et, après quelques minutes, un tremblement plus fort que le premier secoua la région et le trou se referma derrière eux.

# Posté le lundi 24 mars 2008 04:17

Modifié le lundi 30 juin 2008 16:43

la séparation des équipiers...

la séparation des équipiers...
Flo s'approcha de l'endroit où le sol s'était refermé et effectua un relevé complet à l'aide de ses détecteurs.
« Ils se dirigent vers le nord suivant une trajectoire rectiligne. Le tunnel se comble au fur et à mesure qu'ils avancent. Sachant que la portée des détecteurs est de deux kilomètres, je ne pourrai suivre leur progression sous terre que pendant vingt à vingt-cinq minutes. Ensuite, seule la radio nous permettra de maintenir le contact. A moins d'installer un détecteur muni d'un relais à longue portée sur un robot qui se déplacerait en même temps qu'eux.
- Bonne idée, répondit Tigweg. Fais-le. »
Flo retourna dans le vaisseau chercher l'équipement nécessaire, qu'elle assembla en un peu plus d'un quart d'heure. Enfin, le robot fut prêt à partir. Son système de guidage automatique lui fit suivre exactement la trajectoire du tunnel. Flo se posta devant l'écran de contrôle.
« Il était temps : l'équipe du Capitaine a avancé très vite, ils sont presque à la limite de portée des détecteurs fixes... »
Bien que ne disposant pour seul éclairage que de la lampe-torche du Chef-Ingénieur J-P, l'équipe de Walid avançait rapidement dans le tunnel obscur.
Au détour d'un couloir, Gui-tou, qui était resté en tête de file pour protéger son Capitaine, buta sur une grosse pierre molle.
« Mais c'est Dydy !, s'exclama-t-il. Elle qui avait raté sa téléportation vers notre vaisseau ! Par toutes les racines d'Euler, comment est-elle arrivée ici, inconsciente de surcroît ?!
- Il n'y a pas de temps a perdre, l'effondrement nous rattrape ! », s'écria Walid.
Oubliant provisoirement son éducation de gentleman, il ranima Dydy en lui administrant une gifle bien sentie.
« Ca...Capitaine ! Que m'est-il arrivé ?
- On a peu de temps pour les explications ! dit J-P. On est sous le désert, dans un tunnel, talonnés par un éboulement et à la recherche du Chef des Nombres Impairs, alors lève-toi vite, il faut continuer ! »
J-P et Walid aidèrent Dydy à se relever et le groupe reprit sa course. En surface, Flo suivait toujours les déplacements du groupe à l'aide du robot. Elle remarqua immédiatement la présence d'une personne de plus sur les relevés biométriques.
« Flo au Capitaine, mes relevés de détection indiquent la présence d'une quatrième personne dans le tunnel. Il s'agit d'un humain.
- Grande nouvelle, on vient de retrouver Dydy, répondit Walid. Je croyais qu'on l'avait perdue ! »
Toute l'équipe de surface accueillit cette information avec un grand soulagement.
« Le rayon du téléporteur a dû être dévié vers la surface par des interférences quand on a passé la barrière de détection, expliqua Flo. Une chance qu'il n'ait pas été dispersé... »
Les compagnons reprirent leur marche. Après quelques minutes, ils commençèrent à entrevoir une lueur devant eux, et bientôt, ils estimèrent qu'ils pouvaient se passer de lampe. Ils arrivèrent dans une grande salle très lumineuse, et aperçurent, au fond, une grande porte métallique parcourue de gravures mathématiques. Des calculs ? Gui-tou approcha et essaya de l'ouvrir, mais sans résultat.
J-P entreprit de scanner la pièce avec son détecteur. Il parut soudain s'alarmer :
« Capitaine ! je détecte la montée d'un gaz inconnu dans la salle !
- Ce gaz présente-t-il un danger ? s'enquit le Capitaine.
- Pour l'instant, je n'en sais rien ! mais il vaudrait mieux ouvrir cette porte rapidement ! »
Gui-tou redoubla d'efforts.
« Doucement Gui-tou, pas de panique ! lui dit Walid. Je me demande ce que peuvent bien signifier toutes ces gravures...
- Flo au capitaine. Je vais tenter d'établir une connection entre le robot-suiveur et le détecteur portatif de J-P. S'il prend une image de la porte, je pourrai tenter de traduire les inscriptions... »
Tout en parlant, Flo s'affairait sur son tableau de commande.
« Connection établie... Images bien reçues. Je lance l'algorithme de décryptage. »
Rapidement, d'étranges signes qui rappelaient vaguement le XeTaL s'affichèrent sur l'écran. Dami reconnut immédiatement les symboles d'un alphabet très ancien.
« Mince, c'est du langage elhor-minkus ! Sûrement une énigme ! J'espère que KPL pourra trouver la réponse rapidement, sinon une partie de notre équipage risque bien de finir gazée.
- J'ai autrefois étudié ce langage, s'écria Flo, toute excitée. La première ligne signifie : saurez-vous trouver l'intrus ?... les cinq autres sont des équations mathématiques... Je transfère le fichier sur l'ordinateur portatif de KPL. »
KPL se mit immédiatement en devoir de résoudre les équations. Après quelques minutes, elle prit l'émetteur des mains de Flo et indiqua le résultat à l'équipe du Capitaine :
« L'intrus est l'avant-dernière ligne : c'est la seule équation dont le résultat n'est pas un nombre premier. »
Aussitôt, Walid appuya sur le bloc qui contenait l'avant dernière ligne du message. Les gaz toxiques se dissipèrent et la porte s'ouvrit. L'équipe se remit en marche.

Mais la malchance semblait s'acharner sur nos héros : un vent de plus en plus fort s'était levé en surface, et les grains de sable risquaient d'endommager la belle mécanique des ordinateurs installés au-dehors. Il était impératif de les transporter au plus vite à l'intérieur du vaisseau.
« Flo à l'équipe d'exploration, les communications risquent d'être interrompues à cause d'une tempête de sable. Nous nous efforcerons de les rétablir au plus vite. »
L'équipe restée en surface termina de ranger en toute hâte le matériel et se mit à l'abri à l'intérieur du vaisseau. Flo s'installa à un terminal d'ordinateur et tenta de se reconnecter au robot-suiveur.
« Je reçois encore un signal, mais brouillé d'interférences... les images transmises par J-P sont presque illisibles. Et... on dirait que le robot a été renversé par le vent : impossible de le déplacer ! »
Elle alluma les détecteurs de bord afin d'évaluer la situation. Les relevés climatiques s'affichèrent aussitôt à l'écran.
« C'est très curieux : la tempête est localisée dans une zone de deux kilomètres de large sur dix de long, qui s'étend approximativement de notre position à la dernière position enregistrée de l'équipe du Capitaine... Et l'air est chargé de particules magnétiques qui provoquent des interférences. Tigweg, je pense que cette tempête n'est pas d'origine naturelle... »
Tandis que Flo réfléchissait à la véritable raison de cette tempête, Dydy informait ses amis qu'ils devraient se débrouiller seuls pendant un certain temps, sans l'aide de KPL ni d'aucune machine :
« Il y a une tempête là haut, les communications peuvent être coupées d'un moment à l'autre !
- Il va falloir nous débrouiller tout seuls... ajouta Gui-tou
- Eh bien allons-y car le temps presse ! » conclut Walid.

Pendant ce temps, l'équipe restée en surface s'était abritée à l'intérieur du vaisseau. Coll s'affairait sur le tableau de bord.
« Rapprochons-nous au moins de nos amis, proposa-t-il. Grâce aux nouveaux réglages de J-P et aux roues à forme logarithmique dont il a équipé le vaisseau, nous sommes en mesure de rouler sur le sable. »
Apres s'être assuré que l'entreprise n'était pas périlleuse, Tigweg donna l'ordre de rejoindre la dernière position enregistrée de l'équipe du Capitaine. Le vaisseau se mit en mouvement. Pendant que Coll manoeuvrait entre les dunes, Flo poursuivait ses investigations au sujet de la tempête. Après une dizaine de minutes, quelque chose dans les relevés des détecteurs attira finalement son attention :
« Je viens de repérer une masse métallique au centre de la zone des perturbations... Il semble que ce soit l'appareil qui provoque cette tempête. Les interférences sur les détecteurs augmentent à mesure que l'on s'en approche...
- Peux-tu le neutraliser ? demanda Tigweg.
- Difficile à dire, les relevés n'indiquent rien de précis... Mais je suppose que le dispositif en question doit être muni d'un système de commande électronique. Si c'est le cas, un balayage laser d'intensité moyenne devrait suffire à griller ses composants.
- Exécution ! »
Flo s'installa à l'armement, programma le canon laser, et initia la séquence de tir. L'intensité de la tempête commença aussitôt à diminuer. Au bout de quelques minutes, elle avait complètement cessé.
« Flo, tu nous sauves la vie une fois de plus, je t'adresse toute ma gratitude et toutes mes félicitations ! »
Flo, sans aucun triomphalisme, retourna à son poste comme si de rien n'était. Elle savait pertinemment que leur aventure ne faisait que commencer.
« Nous arriverons à destination dans 10 minutes. Je viens de localiser le robot-suiveur, mais il n'émet plus aucun signal. Je demande l'autorisation de débarquer dès notre arrivée pour tenter de le remettre en état.
- Entendu. Mais sois prudente ! » répondit Tigweg.

# Posté le lundi 24 mars 2008 04:21

Modifié le lundi 30 juin 2008 16:45

Les polymorphes

Les polymorphes
Dans les souterrains, le Capitaine et ses amis continuaient d'avancer rapidement. Tout à coup, Gui-tou s'arrêta brusquement : ils venaient de pénétrer dans une immense salle circulaire. Tout autour d'eux, ils pouvaient apercevoir, le long de la paroi, une centaine de portes grandes ouvertes.
« Laquelle allons-nous choisir, Capitaine ?! gémit Gui-tou, saisi de vertige.
- Il y a quelque chose au centre de la pièce, regardez !
- Mais c'est une boîte à musique, non ?! J-P, viens voir ! »
J-P examina ce qui était sans conteste une boite à musique et actionna un bouton. L'une des portes ouvertes se ferma automatiquement. Les amis se regardèrent entre eux. Walid cliqua une seconde fois sur le bouton et la porte se rouvrit.
« On prend celle là ! décida-t-il.
- Peut être est-ce un piège, Capitaine !
- Vous avez une meilleure idée ? On doit continuer !
- La connexion avec Flo n'est toujours pas rétablie, on ne peut plus compter que sur nous-mêmes, on dirait...
- Ca m'a tout l'air d'un labyrinthe par ici ! commenta J-P.
- Non J-P, je ne pense pas, répondit Walid. On dirait que quelqu'un veut à tout prix qu'on arrive à un endroit bien déterminé... on suivra ce signe. Espérons que Flo parviendra à régler ce problème de communication au plus vite... On a vraiment besoin des autres !
- Allons-y » dit Gui-tou en avançant résolument vers la porte.
Dès que les quatre amis eurent passé la porte, elle se referma derrière eux. Ils se retournèrent et Dydy essaya de l'ouvrir, sans résultat.
« Ecoutez, dit J-P, c'est la boîte à musique qu'on a laissée à sa place qui s'est mise à chanter !
- Mais dans quel pétrin nous sommes-nous fourrés, à la fin ?! s'emporta Gui-tou.
- Calmez vous les gars ! On continue ! »

Pendant ce temps, en surface, la seconde équipe était arrivée à l'endroit où le robot s'était immobilisé. Coll stoppa les moteurs et actionna la commande d'ouverture de la porte, devant laquelle Flo attendait déjà, munie de tout son équipement. Tigweg la retint au moment où elle allait sortir.
« Laisse Padawan passer devant, il faut s'assurer qu'on peut sortir sans risque. »
Padawan, son lightsaber à la main, descendit du vaisseau, suivi de Flo, qui se dirigea immédiatement vers le robot à moitié enfoui sous le sable. Elle le dégagea rapidement, le redressa et commença à examiner les circuits.
« Le sable s'est infiltré partout. Il faut changer tous les détecteurs et la moitié des circuits imprimés. J'en ai pour environ trente minutes... Le plus urgent est de rétablir les communications, j'installe un relais provisoire... »
Elle se mit immédiatement au travail. Padawan se posta à quelques mètres d'elle pour monter la garde.

L'équipe descendue dans les souterrains continuait sa progression. Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent devant un très long couloir décoré et entretenu avec goût. Sur toute sa longueur, les murs étaient ornés de tableaux à l'effigie d'éminents Mathématiciens. La petite troupe s'élança prudemment dans le couloir. Le sol était recouvert d'un tapis rouge royal, ce qui atténua quelque peu leur malaise. Au fond, ils entrèrent dans une grande pièce richement meublée et décorée.
J-P s'approcha d'une bibliothèque qui comptait un nombre impressionnant de livres, tandis que les autres se dirigèrent vers un grand bureau au milieu duquel trônait une feuille de papier. Le capitaine s'en empara, la parcourut rapidement, puis écarquilla les yeux. Elle portait une inscription rédigée en langage mathîlien :
« Attendez-les! Ils arrivent. »
« Mon Dieu, s'exclama Gui-tou, mais à qui donc peut bien appartenir ce bureau ?
- C'est le mien ! » claironna une voix.
Un homme était posté devant l'entrée du couloir. Il les fixait de son regard sombre, pénétrant. Debout dans l'entrebâillement de la porte, son importante corpulence parvenait presque à masquer la lumière éblouissante qui provenait du couloir d'où il avait surgi. L'insistance de son regard les figeait sur place, et un silence pesant emplit toute la pièce.
L'homme reprit enfin la parole.
« Que faites vous ici ? Qui vous a permis d'entrer ?! »
Le Capitaine avança de deux pas vers l'homme et répondit :
« Ce bout de papier sur la table, il nous concerne. Vous nous attendiez, n'est-ce-pas ? Vous avez tout fait pour que nous parvenions jusqu'à votre bureau, j'en suis convaincu ! Dites-nous plutôt qui vous êtes. Nous sommes à la recherche du Roi des Nombres Impairs, sauriez-vous où le rencontrer ? »
L'homme scrutait à présent Walid avec insistance.On pouvait presque voir des flammes danser dans son regard. Doucement, il s'avança vers le Capitaine et dit d'une voix rauque, malicieuse :
« Vous en avez mis du temps, je commençais à croire que vous aviez abandonné...
- Alors inutile de perdre encore plus de temps maintenant que nous sommes là ! reprit Walid. Dites-nous ce que vous attendez...
- Vous êtes bien pressé, jeune homme, détendez-vous donc un peu. »
L'homme, tout en parlant d'une voix de plus en plus métallique, s'avançait vers le Capitaine. Arrivé à sa hauteur, il posa la main sur son épaule.
« Suivez-moi. » continua-t-il.
L'étrange individu indiqua à Walid une petite porte située au fond du bureau. Le Capitaine s'avança, suivi du reste de l'équipage.
« Où nous conduisez-vous ?
- Pas vos compagnons. Vous seul.
- Ca ne me plaît pas... » intervint Gui-tou.
Walid, de plus en plus méfiant, s'arrêta. Quelques secondes passèrent, puis soudain, les doigts de l'inquiétant personnage s'allongèrent démesurément, tels de la pâte à modeler. Ils s'enroulèrent autour du cou du Capitaine, comme un serpent autour de sa proie.
« Très bien, essayons donc la manière forte ! dit l'inconnu tout en resserrant de plus en plus son étreinte.
- Lâchez-le ! » cria Gui_tou en pointant son laser.
Walid commençait à suffoquer. A ce moment, un second homme, identique au premier, entra dans le bureau.
« Maudit imposteur ! » s'écria-t-il.
Le nouveau venu pointa un étrange appareil dans la direction de son double et actionna un bouton. Le premier homme se métamorphosa instantanément en une sorte de masse grisâtre qui s'effondra au sol.
« Tu as commis ta dernière erreur, poursuivit-il, s'adressant à l'étrange créature.
- Qu'est-ce que c'était ? Et vous, qui êtes-vous ?! interroga Walid, qui commençait à reprendre son souffle.
- Je suis celui que vous cherchez. »
L'imposant personnage s'installa à son bureau, puis entreprit de s'expliquer.
« La situation ici devient critique. Plusieurs escadrons de mes soldats polymorphes se sont joints à la rébellion. Ils ont quitté ma cité souterraine et établi plusieurs campements dans le désert. Ils vous ont repérés dès votre atterrissage, et mes espions viennent de m'informer qu'en ce moment- même, ils préparent une attaque contre votre équipage resté en surface. »
Le capitaine et ses compagnons en restèrent cois. Comment cela était t-il possible ? Qu'allait-il advenir du reste de l'équipage ?
« Une attaque ? Mais il faut les prévenir sans attendre ! s'écria Walid.
- C'est malheureusement impossible, reprit le Roi.
- Comment cela ?
- En réaction à la rébellion, j'ai dû faire installer des écrans dans les voûtes de ma cité pour bloquer toutes les transmissions radio vers l'extérieur. Vous ne pouvez pas les contacter d'ici, ni revenir en arrière pour les prévenir : cela compromettrait votre mission... Je regrette, mais nous ne pouvons rien faire pour eux.
- C'est impossible ! Il doit sûrement exister un moyen ! dit Gui-tou, le regard dévoré par la colère et l'incrédulité.
- Calme-toi ! reprit Walid, il faut chercher un moyen de les contacter.
- J-P, as-tu une idée ? questionna Dydy.
- Oui, j'en ai une, dit J-P, et c'est d'ailleurs la seule idée qui puisse les sauver...
- Mais quoi, quels sont les risques ? interrogea Walid devant le visage anxieux de J-P.
- Ceci pourrait bien nous coûter la vie à nous aussi... »

En surface, Flo s'efforcait, elle aussi, de rétablir le contact. Padawan, qui s'ennuyait ferme à force de monter la garde, s'était proposé de l'aider dans son travail. Une voix les interrompit :
« Vous progressez ?
- Tigweg ! je ne vous avais pas entendu venir, répondit Padawan en se retournant.
- Tu fais un drôle de garde, Padawan ! »
Le ton sarcastique de Tigweg les étonna. Ca ne lui ressemblait pas.
Flo commença son compte-rendu :
« J'ai enfin pu réparer une partie des détecteurs, mais les communications radio ne sont toujours pas rétablies : nous sommes au-dessus d'une installation souterraine entourée d'une structure métallique qui agit comme une cage de Faraday et bloque tous les signaux. Je suis en train de cartographier le sous-sol de toute la zone. J'espère trouver une faille dans ce dispositif de brouillage... »
A ce moment, Simon, qui arrivait du vaisseau pour les informer que le déjeuner était prêt, interrompit la conversation :
« Commandant Tigweg ? Mais... je viens de vous voir dans le vaisseau... Comment avez vous fait ? »
Flo, intriguée, saisit son détecteur et le pointa vers Tigweg. Elle reconnut immédiatement la signature biométrique : c'était la même que celle du sosie de Friedrich Gauss.
« Padawan, c'est un... »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. L'imposteur, démasqué, reprit instantanément sa forme naturelle et la renversa d'un coup de tentacule. Padawan engagea le combat et parvint à blesser son adversaire. Il saisit Flo par le bras et tous deux rejoignirent Simon, qui courait déjà vers le vaisseau.
En arrivant à la porte, Simon poussa un cri : il se trouvait face à face avec son double !
« C'est pas vrai, encore un ?! S'écria Padawan.
- Plusieurs, corrigea Flo. Je viens d'en détecter des dizaines qui circulent dans le sable, à quelques centimètres sous la surface. »
A ce moment, le polymorphe qui avait pris l'apparence de Simon se précipita vers la porte et en détruisit le système de fermeture. Padawan, son lightsaber à la main, fonça sur l'intrus, mais d'autres commençaient à émerger du sable. Coll et Tigweg distribuèrent des pistolasers à tout l'équipage et se postèrent tous deux face à la porte. Flo se dirigea vers un terminal d'ordinateur au fond de la cabine.
« Ils sont trop nombreux pour qu'on puisse les combattre de cette façon, il faut trouver un moyen de tous les neutraliser en même temps.
- Mais comment faire ? demanda KPL.
- En étudiant leurs relevés biométriques : ils doivent bien avoir un point faible... Dami, j'ai besoin de tes compétences. »
Le médecin de bord accourut et commença à examiner les relevés.

Pendant ce temps, en profondeur, l'inquiétude régnait toujours. J-P expliqua son idée :
« J'ai emporté avec moi un modèle de téléporteur portatif récemment mis au point par l'équipe du professeur Minkus. En le réglant à puissance maximale, j'aurai en théorie assez d'énergie pour renvoyer un volontaire en surface, seulement... Avec ce blindage au-dessus de nous, il aura à peine une chance sur cent d'arriver entier...
- Je suis volontaire ! » s'écria Gui-tou.
Le capitaine Walid prit quelques secondes pour réfléchir : la décision était particulièrement difficile. Il répondit finalement :
« Non, Gui-tou, c'est beaucoup trop dangereux... En cas d'échec, nous n'aurons apporté aucune aide à notre équipe en surface, et nous aurons un mort de plus... Je ne pense pas qu'ils voudraient que l'un de nous prenne un risque pareil... Il faut absolument que je parvienne à convaincre le Roi de nous aider... »

En surface, les rebelles polymorphes commençaient à monter à l'assaut du vaisseau Parabole. Tigweg, Padawan et Coll repoussaient de leur mieux ceux qui tentaient de passer la porte, pendant que Dami et Flo cherchaient une solution plus efficace. Soudain, un détail intéressant attira l'attention du médecin :
« Regarde ça : leur membrane extérieure contient des micro-cristaux de silicium... Tu penses à la même chose que moi ?
- Fréquence de résonnance... On doit pouvoir les neutraliser avec des ultrasons.
- Exactement, Flo !
- Bien. Je configure l'intercom pour émettre des ultrasons de fréquence modulable... Seul inconvénient : je n'ai pas le temps de réaliser un programme, il faudra rechercher la bonne fréquence manuellement. »
Vers la porte, les combats s'intensifiaient. Tigweg et les autres étaient sur le point d'être débordés. Au moment où les émissions d'ultrasons débutèrent, les assaillants redoublèrent d'efforts pour pénétrer dans le vaisseau. Ils semblaient avoir compris ce que préparaient leurs adversaires. Trois d'entre eux réussirent à passer la ligne de défense. KPL réussit à en atteindre deux avec son laser, mais le troisième put rejoindre le poste de travail où s'affairaient Dami et Flo. Cette dernière, qui l'avait vu arriver, se leva d'un bond et s'interposa entre Dami et le Polymorphe.
« Dami, continue de chercher ! »
Le polymorphe parvint à enrouler un tentacule autour d'elle, la souleva au-dessus de lui et la projeta violemment au sol. Il s'apprêtait à frapper Dami, lorsque celui-ci trouva enfin la bonne fréquence. La créature, comme tous ses congénères, se désagrégea en émettant des crissements stridents. KPL lança le programme de traduction.
« Ils disent qu'ils se rendent. »
Tigweg donna l'ordre de stopper les émissions d'ultrasons et les polymorphes rampèrent l'un après l'autre hors du vaisseau.

L'état général de l'équipage n'était pas fameux... Des débris de tentacules coupés par le sabre-laser de Padawan ou foudroyés par les tirs de pistolaser étaient répandus au sol. Plusieurs membres de l'équipage avaient été blessés lors du combat.
Flo gisait inconsciente, victime de son acte héroïque destiné à sauver le médecin ; Tigweg avait le bras gauche cassé par un coup de tentacule un peu trop puissant ; quant à Simon, sa couleur bleu-vert indiquait qu'il avait dû avaler pendant le combat des cristaux de silicium dont ne parlaient aucun de ses manuels de cuisine.
« Arghhh! Ce truc me dévore l'estomac! Dami, fais quelque chose... »
Le medecin courut jusqu'à la cuisine. Par chance, il restait du sirop de grenadine concentré, le dissolvant indiqué par la banque de données médicale pour ce cristal extra-îlien. Simon termina la bouteille (qu'il avait sans doute entamée pendant le voyage) d'une seule traite, et se sentit rapidement mieux.
Le bras du second fut plus simple à soigner : affirmant que pour lui, la douleur n'était qu'une simple information sensorielle, Tigweg refusa tout anesthésiant et n'accepta qu'une simple attelle.
Flo se réveilla finalement quelques minutes plus tard, suite aux efforts désespérés et aux gifles de l'officier de sécurité.
« Tout va bien, je n'ai rien, dit-elle aussitôt.
- Ouf, l'ordinateur de bord est encore en fonctionnement, affirma Tigweg. Mais nous ne savons toujours pas qui envoie ces créatures, et encore moins pourquoi elles nous ont attaqués... »
Flo se releva en rajustant ses lunettes, puis se dirigea vers la porte en boîtant légèrement.
« Bonne question, en effet. J'espère que le Capitaine et son équipe sont tombés sur des autochtones plus accueillants... Je vais aller voir l'étendue des dégâts que ces bestioles ont dû causer à mon matériel resté dehors... »
Simon la retint par la manche de sa veste.
« Tu... tu tiens vraiment à ressortir après ce qui s'est passé ?
- Précisément, après ce qui vient de se passer, je suis très inquiète pour le reste de l'équipage, je pense qu'il faut les retrouver au plus vite. Et les appareils de détection ne vont pas se réparer tout seuls. »
Tigweg lui barra la route.
« Flo, Simon a raison, c'est trop risqué de sortir du vaisseau tant qu'on n'en sait pas davantage.
- Et après les coups que tu viens de prendre, je préfère te garder en observation à l'infirmerie. ajouta Dami.
- Pourquoi faire ? Jusqu'à preuve du contraire, je tiens encore debout. Et on a besoin de tout le monde à son poste. »
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# Posté le lundi 24 mars 2008 04:32

Modifié le lundi 30 juin 2008 16:48

Les mystères du temple...

Les mystères du temple...
Dans le bureau souterrain, Gui-tou et Dydy n'arrêtaient pas de questionner le Roi, qui ne leur répondait que de façon partielle. J-P, plus calme, arpentait toujours la bibliothèque en parcourant les titres des livres. On eût dit qu'il ne parvenait pas à faire son choix.
« Un vrai trésor, ces livres ! » finit-il par affirmer, aussi admiratif qu'un enfant devant un nouveau jouet, qui ne sait pas par quel bout le prendre.
Le Capitaine s'était isolé pour réfléchir et resta un long moment silencieux, puis se tourna brusquement et, s'adressant au Roi :
« Bon, on n'est pas plus en sécurité ici ! Je pense qu'il est préférable de remonter en surface et de rejoindre le reste de l'équipe ! Je veux voir une carte détaillée de la région.
- J'ai bien plus qu'une carte à te montrer, jeune homme ! J'attendais que tu te décides. Suis-moi, tu vas comprendre ! »
Walid se tourna tout de suite vers Gui-tou :
« Je compte sur toi pour les protéger pendant mon absence.
- Mais... Capitaine... »
Walid, déterminé à suivre le Roi, n'écouta pas les protestations de son officier de sécurité.
« Ok. Prenez soin de vous, Capitaine ! »
Le Roi et Walid sortirent par le même couloir que l'équipe avait emprunté pour entrer... mais bizarrement le Capitaine ne reconnaissait plus les lieux. Tout paraissait totalement différent.
« Impressionnant, n'est ce pas ? commenta le Roi devant l'étonnement du Capitaine. Tout ce que vous croyez voir ici est en fait virtuel ! Dans ce lieu, seule une chambre est réelle, vous serez le premier humain à la visiter... Voilà ! Nous y sommes ! »
Le Roi sortit une clé et l'inséra dans un petit repli de la paroi rocheuse, puis recula de deux pas. Après quelques secondes, la clé tourna d'elle-même et une porte s'ouvrit dans le mur de pierre. Une lumière éblouissante sortait de la pièce. Il était impossible de regarder à l'intérieur. Le Roi entra en premier, et alors l'intensité de la lumière baissa.
« Avancez ! Ordonna-t-il.
- Mais où sommes nous ? » interrogea le Capitaine en entrant dans la pièce...
Une pièce pour le moins étrange : les murs et le sol paraissaient être exclusivement constitués d'une lumière blanche. L'endroit paraissait irréel. Soudain, une sorte de volcan miniature se matérialisa devant les yeux de Walid. Une faible lumière rouge clignotante émanait de ses profondeurs.
« Nous sommes dans l'endroit le plus sacré de ce désert : la Cité Interdite des Nombres Impairs. A chaque clignotement, un nouveau nombre impair est créé ; ce puits doit continuer à clignoter jusqu'à la fin des temps.
- Vous êtes le gardien de ce temple sacré, n'est-ce-pas ?
- Effectivement, mais comme vous pouvez le constater, la lumière du puits clignote faiblement et...
- Et ?
- En vérité, je ne suis pas le seul gardien de ce lieu. Mon frère cadet y a accès lui aussi, c'est quelqu'un d'important... Il s'agit du Roi des Nombres Premiers.Ces nombres sont indispensables à la survie de notre peuple. En quelque sorte, et aussi étrange que cela pourra vous paraître, les nombres premiers et notre peuple appartenons à la même famille... Comme vous le savez sans doute, plus les nombres avancent vers l'infini, plus la distance moyenne qui sépare deux nombres premiers consécutifs augmente. La dernière fois que le puits a engendré un nombre premier remonte à plusieurs mois, et d'après mes calculs, le prochain sera atteint dans deux jours et deux nuits. Quand le puits tombe sur un nombre premier, mon frère doit y jeter une boule en cristal, sinon... c'est la catastrophe. Lorsque le clignotement du puits faiblit, cela indique qu'il a détecté un nombre premier, et la nécessité de rassasier le puits d'une boule de cristal ; si par maheur on ne la lui administrait pas à temps, il s'éteindrait à tout jamais...
- Où est votre frère ?
- C'est le chef de la rébellion du désert ! Il a choisi le camp ennemi...
- Mais pourquoi vous a-t-il trahi ?
- L'ambition sans doute... Pi a dû lui promettre un empire en échange de notre destruction. Il nous faut donc l'arrêter et lui reprendre les boules de cristal avant deux jours !... »
Après un moment de silence, Walid demanda :
« Une dernière question, pourquoi suis-je ici ? »
Le Roi fixa le Capitaine quelques instants, puis répondit sentencieusement :
« Ce sont les ordres du Cerveau, mon propre Roi. Il a ordonné que ce soit vous qui dirigiez l'opération. Je n'ai fait qu'obéir en vous conduisant en ces lieux... »
Soudain, la lumière blanche du temple se mit à rougir, et le volcan à trembler... De violentes vibrations obligèrent Walid et le Roi à reculer, puis soudain, trois étoiles étincelantes jaillirent du puits et s'élancèrent dans les airs. Elles se mirent aussitôt à tournoyer au-dessus d'eux, extrêmement vite, et finirent par s'écraser devant le Capitaine.
Une épaisse fumée l'aveugla un moment puis se dispersa, laissant apparaître trois créatures sombres, de couleur bleu nuit et d'aspect humain quoiqu'elles fussent dépourvues d'yeux, de bouche et d'oreilles. Les trois créatures demeuraient figées devant lui, telles des statues.
« Je te présente les guerrières des nombres de Mersenne, appelées aussi Protectrices de Mersenne. Elles constituent ma garde rapprochée, et je vous les confie ! Ne les sous-estimez pas, leurs pouvoirs sont grands ; elles peuvent à elles seules détruire une armée entière. Malheureusement, elles ne peuvent rien contre mon frère, le Roi des Nombres Premiers, qui tire un grand pouvoir de ses boules magiques. Quand vous vous retrouverez devant lui, vous ne pourrez donc vous en remettre qu'à vous-même. Votre mission consiste à arrêter le rebelle et à rapporter les boules de cristal au plus vite. Voilà la raison de votre venue en ces lieux, à toi et tes valeureux amis... Vive le Cerveau ! Vivent les Maths !
- Nous voilà enfin renseignés... à présent, ne perdons plus une minute ! Rejoignons mes amis dans votre bureau, nous devons retourner en surface au plus vite et préparer l'attaque avec le reste de mon équipage... Le temps presse ! »

# Posté le lundi 24 mars 2008 07:39

Modifié le lundi 30 juin 2008 16:49